Présidentielle : la campagne démarre enfin !

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Selon notre éditorialiste David Revault d'Allones, le débat sur TF1 lundi soir entre les cinq gros candidats marque le vrai début de la campagne. 

L'ÉDITO POLITIQUE

Les cinq gros candidats rentrent dans le vif du sujet ce lundi avec un débat télévisé, en direct sur TF1. Une première, et surtout le véritable départ de la campagne.

Oui, la campagne démarre. Enfin. Il était temps, me direz-vous. Et les cinq candidats les mieux placés par les sondages vont enfin pouvoir se comparer. Se confronter. S’affronter. Alors les débats sont plutôt organisés comme une série d’exposés. Chacun parle à tour de rôle sur une série de thèmes. Chacun dans son couloir. Ce ne sera pas une mêlée générale, donc. Mais il est tout de même permis de se lancer des piques, de se critiquer. Et de ce point de vue, ça peut.

Pas une mêlée, dites-vous, mais ça peut cogner ?

Bien sûr ! Surtout sur Emmanuel Macron, bien sûr, qui jour après jour est désigné par les sondages comme le favori de cette présidentielle. Le candidat d’En Marche s’attend à être la cible de tous. Il a d’ailleurs demandé à ses conseillers des fiches sur toutes les attaques de ses adversaires contre lui. Histoire de bétonner sa défense. Il ne s’interdit pas de rendre les coups. Mais il veut rester sur le fond. Et surtout au-dessus de la mêlée. Pour démontrer que lui, il est nouveau. Et vraiment pas comme les autres.

Il y en a une en particulier qui va s’en prendre à Macron, c’est Marine Le Pen.

Oui, la candidate d’extrême droite va ignorer ce qu’elle appelle « les petits » candidat, comme Hamon, Fillon, Mélenchon. Elle va se concentrer sur son adversaire préféré. Celui qu’elle est persuadée d’affronter au deuxième tour. Le match Le Pen-Macron, à ses yeux, c’est l’affrontement rêvé, la bataille entre patriotes, qu’elle incarne, et mondialistes, que représente Macron. Mais la présidente du FN, qui n’est pas très crédible sur les sujets économiques, va aussi essayer de se replacer sur ses thèmes de prédilection : immigration, sécurité et islam.

Et pour Fillon, alors ? Quel est l’enjeu ?

Pour Fillon, c’est toujours la même histoire. Depuis deux mois, les rebondissements du "Penelope gate" l’empêchent de faire campagne sur ses propositions. Mais il doit en revenir au fond, au projet. Et aussi faire valoir son expérience de l’Etat. Et c’est vrai que c’est l’ancien Premier ministre qui en a le plus. Pour à l’arrivée, revenir dans la course pour la qualification au deuxième tour. Pour l’instant, il en est loin. Il est bon troisième. Donc ce débat, pour Fillon, c’est aussi le débat de la dernière chance.

Et à gauche alors ?

Ceux qui jouent gros et qui espèrent renverser la table, comme Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Qui sont pour l’instant largement distancés. Alors ils doivent eux aussi taper Macron pour tenter de refaire leur retard. Et puis le problème, c’est qu'ils sont un peu sur le même créneau, ces deux-là. Un peu sur les mêmes parts de marché. Ça ne veut pas forcément dire qu’ils vont se marcher sur les pieds. Ou même s’opposer frontalement. En plus les deux hommes ont un pacte de non-agression. Mais vu la pression  Il n’est pas certain que le pacte tienne. Et même, si on regarde les cinq concurrents, que chacun reste dans son couloir.