Présidentielle - Arnauld Champremier-Trigano : "Cette semaine, on va avoir une intensification des 'Fake news'"

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Entre coups de com' et boules puantes à venir, la campagne d'entre-deux-tours est placée sous les signes du mouvement et de la rapidité. Le débat du 3 mai pourrait s'avérer crucial.

INTERVIEW

Le face à face Macron - Le Pen aura lieu mercredi. Arnauld Champremier-Trigano, ancien conseiller de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2012, a décortiqué la campagne du deuxième tour et joué au jeu des prédictions pour le débat télévisé d'entre deux tours dans l'émission C'est arrivé demain.

La vitesse et le mouvement. Le spécialiste résume la campagne de second tour par un mot, le "mouvement". De Whirlpool à Oradour, en passant par une visite aux pêcheurs, les deux candidats "balancent des petites cartes postales comme un série d'images qui vont imprimer notre inconscient, et en sous-main, il y a les boules puantes." Les 'fake news' devraient s'intensifier dans la seconde semaine de campagne, prédit Arnauld Champremier-Trigano. "Le web est le bon vecteur puisqu'il n'y a pas de filtres pour ces informations qui circulent beaucoup", commente-t-il.

Les non qualifiés construisent les législatives. Ce qui est revanche nouveau, c'est la constitution pour le FN d'une réserve de voix pour le second tour avec le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan. "C'est une nouvelle étape dans la dédiabolisation", juge le spécialiste, mais aussi une étape "dans la construction de ce qui peut, à terme, être une majorité Front national." 

Ceux qui ne sont pas qualifiés au second tour "sont dans la campagne législative. Tout l'enjeu est de savoir comment ménager une position pour constituer un groupe qui pèsera au moment des législatives", ce qui explique aussi la position floue de Jean-Luc Mélenchon. "Ce n'est pas tant le flou que la volonté de ne pas apporter un soutien à Macron, dont il espère être le premier opposant une fois qu'il aura constitué un groupe conséquent à l'Assemblée nationale."

Punchlines et attitude, l'enjeu du débat. L'électorat du second tour est quant à lui "volatile", souligne l'expert ce qui laisse présager un "débat à haut risque", avec des "punchlines" attendues qui pourraient faire mouche telles "le monopole du cœur" ou "regardez-moi dans les yeux". Dans un débat télé, l'expression corporelle est aussi très importante. "On se souvient du duel Royal-Sarkozy. Sarkozy était étonnement calme et elle très agressive." La technique du contre-emploi pourrait être être à nouveau adoptée. "On pourrait penser à une Marine Le Pen très apaisante et un Macron qui va essayer de gagner en autorité, de se vieillir un peu".