Pourquoi Sarkozy soutient Alliot-Marie

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Pourquoi Sarkozy soutient Alliot-Marie
Nicolas Sarkozy continue de défendre sa ministre dans la tourmente. Jusqu'à quand ?@ REUTERS
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Pour des questions de timing et de stratégie, le Président préserve sa ministre. Pour l’instant ?

Les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie commencent à peser lourd politiquement pour Nicolas Sarkozy. Mais malgré les ultimes révélations, sur les affaires faites par son père et le coup de fil passé à Ben Ali, le chef de l’Etat continue de soutenir mordicus sa ministre des Affaires étrangères. "Ce n’était pas la meilleure idée d’aller en Tunisie", avait-il pourtant reconnu le 10 février dernier lors de l’émission Paroles de Français, sur TF1. Mais MAM est toujours au Quai d’Orsay.

C’est que Nicolas Sarkozy n’a pas tellement le choix. Dès lors qu’il n’a pas sanctionné Michèle Alliot-Marie d’emblée, dès que l’affaire a éclaté, il doit désormais tenir. Et montrer que c’est lui qui décide du tempo et qu’on ne lui impose rien. Alors, contre mauvaise fortune bon cœur, le Président met en scène la défense courtoise de la patronne de la diplomatie française. Comme par exemple en faisant savoir mercredi matin qu’il lui a transmis un petit mot manuscrit pendant le conseil des ministres, comme Europe 1 le révélait mercredi.

Villepin au Quai d’Orsay ?

En outre, si Nicolas Sarkozy cédait trop vite à la pression sur le cas MAM, la critique ne manquerait pas de se détourner immédiatement vers François Fillon. Les vacances égyptiennes du Premier ministre, aux frais de l’ancien président Hosni Moubarak, reviendraient en effet très vite sur le devant de la scène.

Faire bloc, ne pas réagir à chaud, et surtout ne pas offrir une tête à la gauche à un an de présidentielle, voilà donc la position de l’Elysée. Mais jusqu’à quand la voix de la France, qu’incarne es qualité Michèle Alliot-Marie, peut-elle ainsi être affaiblie ? Et si le Président proposait le Quai d’Orsay à son rival Dominique de Villepin, qu’il doit consulter le 24 février prochain ? Le Tout-Paris politique le murmure déjà.