Pourquoi l’UDI fait peur à Copé

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Pourquoi l’UDI fait peur à Copé
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Le nouveau patron de l’UMP va-t-il faire fuir les centristes vers Borloo? Comment les retenir ?

Après la campagne très à droite de leur nouveau patron, certains centristes de l’UMP envisagent de prendre la poudre d’escampette, direction l’Union des Démocrates Indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo. Explications.

Ceux qui ont déjà franchi le pas. Chantal Jouanno n’a pas attendu le scrutin interne pour la présidence de l’UMP pour se sentir en décalage avec la stratégie de droitisation. La campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, dont elle a été ministre des Sports, validait selon elle "les mots et l'agenda du Front national". Au cœur de l’été, elle a claqué la porte pour tomber dans les bras de Jean-Louis Borloo. Pierre Méhaignerie en a fait de même mardi, au lendemain de la victoire de Copé. "Les valeurs et les convictions qui ont été celles de toute ma vie (…) ne peuvent plus s'exprimer dans l'organisation actuelle de l'UMP ", a écrit l'ex-vice-président du Conseil national de l'UMP dans un communiqué de… l’UDI.

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La menace plane. "Il y aura prochainement des ralliements mais ce sont à eux de l’annoncer", promet-on encore dans le camp Borloo, contacté par Europe1.fr. Pierre Méhaignerie, qui a donc déjà franchi le Rubicon, laissait lui aussi entendre que des parlementaires allaient l’imiter. "Il y en a qui agiront peut-être rapidement, dans la semaine, et d'autres qui se donnent le temps de quelques semaines ou quelques mois pour voir l'orientation politique qui sera prise", a-t-il affirmé. "Le problème c'est la ligne politique, il (M. Copé) est allé très à droite durant sa campagne. Il faut maintenant qu'il tienne la ligne politique de l'ensemble de l'UMP, sinon il y aura en effet d'autres Pierre Méhaignerie", a confirmé Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports.

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Jean Leonetti, centriste de l’UMP contacté par Europe1.fr, reconnaît avoir " discuté hier (mardi, Ndlr)  avec Méhaignerie, qui a essayé de [l’]emmener dans ses bagages." Mais l’ancien ministre chargé des Affaires européennes de Nicolas Sarkozy, "très sollicité depuis dimanche…", ne répondra pas au chant des sirènes de l’UDI.

La réaction de Copé.  Mercredi matin, au sortir de son premier bureau politique en tant que président de l’UMP, Jean-François Copé a avant tout cherché à calmer les inquiétudes. "La ligne politique est très large, contrairement à ce que certains ont voulu dire pour caricaturer. Il n'a jamais été question que ce soit une ligne à droite contre une ligne au centre. C'est une ligne UMP ", a-t-il assuré. Cette position, il va la marteler dans les prochains jours, car l’enjeu est d’importance : éviter le retour de l’UDF, ce qui affaiblirait d’autant l’UMP.

Problème : en recentrant son discours, Jean-François Copé va certes couper l’herbe sous le pied de Jean-Louis Borloo. Mais il ouvre en même temps un boulevard sur sa droite à Marine Le Pen. La quadrature du cercle…