Pourquoi Hollande doit s’exprimer

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Pourquoi Hollande doit s’exprimer
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ZOOM - Plusieurs de ses proches le poussent à intervenir. Qu'est-ce que cela changerait ?

L’idée est d’ores et déjà actée : François Hollande va prochainement s’exprimer devant les Français. La forme et la date n’ont pas encore été arrêtées, mais dans son entourage, on juge cette intervention nécessaire. Pour quelles raisons ? Europe1.fr livre quelques pistes.

Parce que son impopularité est record. Qu’elle semble loin l’embellie constatée après la décision d’intervenir militairement au Mali… Désormais, les sondages se suivent et se ressemblent pour le président. Plus des deux-tiers des Français (68%) se déclarent déçus par son action, selon un sondage BVA paru dimanche dans Le Parisien. Quelques jours plus tôt, c’est le baromètre mensuel TNS Sofres pour Le Figaro magazine qui lui annonçait que seulement 30% des Français avaient encore confiance en lui, soit son plus mauvais score depuis l’élection. "Les mauvais sondages sont préoccupants", reconnaît-on à l’Elysée.

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Parce que sa majorité en a besoin. Pour le moment, elle reste soudée derrière son président, comme en témoigne l’appel des cent parlementaires socialistes pour une "nouvelle démocratie sociale", paru dans le Journal du Dimanche, ou encore la bataille acharnée sur le mariage pour tous. Mais attention tout de même : "oui, il y a des députés déprimés au sein du groupe, mais le débat sur une autre politique n’existe toujours pas", assure Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l’économie, dans Libération. Pour le moment.

Des crispations se font jour, et le chef de l’Etat est appelé à lever les doutes : "cela fait bientôt six mois qu’il ne s’est pas exprimé directement devant les Français. Il faut qu’il parle. Le quinquennat a tout changé, le président doit rendre des comptes aux Français, expliquer sa politique", a assuré un de ses proches,André Vallini, lundi matin sur Europe 1.


Copé et Fillon 930620

© MaxPPP

Parce que l’opposition s’est réveillée. Le psychodrame de l’UMP a quitté la Une des gazettes et, en attendant le second round en septembre prochain, Jean-François Copé a pu enfiler son costume de chef de l’opposition. Il s’y sent à son aise. Budget européen, fiscalité, chômage…, rien ne trouve grâce à ses yeux, lui qui estime que "François Hollande restera dans l'histoire comme le président des impôts et du chômage".

Comme il ne souhaite pas rester en marge, François Fillon a bien l’intention, lui aussi, de faire entendre sa voix. "Les sondages sont juste la traduction du sentiment que les Français ont que le président de la République ne maîtrise absolument plus rien en matière économique", a-t-il asséné depuis le Salon de l’Agriculture. Deux leaders remontés comme des coucous pour séduire leur camp, c’est au moins deux mauvaises nouvelles pour le chef de l’Etat.

Parce que des jeunes lui demandent. François Hollande en a fait l’axe de sa campagne, avec toute une série de mesures (contrat de génération, emplois d'avenir, allocation autonomie…) pour "redonner espoir" aux nouvelles générations. Alors deux petits malins ont eu une idée : organiser un concours sur Internet, pour les 18-30 ans, dont les gagnants auront droit à un tête à tête de deux heures avec le chef de l’Etat. Une fois inscrit et présélectionné sur interviewerlepresident.com, chaque candidat devra recueillir le plus grand nombre de "j’aime"  sur la page Facebook du site. Les trois meilleurs intégreront ensuite le panel qui interviewera François Hollande.

Guillaume Tatu, à l’origine du projet avec Mathieu Proust, confie son optimisme à Europe1.fr : "on a lancé le site il y a 15 jours et nous avons déjà plus de 1.500 'like' et 500 inscrits. C’est une belle surprise, mais on continue tout de même à démarcher les universités". Quant à la diffusion de cet entretien, "Capa souhaite être partenaire côté production, et nous sommes en discussion avec trois chaînes de télévision", se félicite ce jeune journaliste, qui confie avoir l’oreille de trois ministres plaidant sa cause auprès de l’Elysée. Si François Hollande accepte l’invitation - "si on réunit 30.000 jeunes, il devra accepter", espère Guillaume Tatu -, l’entretien se déroulera fin juin.