Pour l'entourage de Mélenchon, l'absence de soutien du PCF "ne change rien"

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R.A.S. - Samedi, la Conférence nationale du Parti communiste a voté contre le soutien à Jean-Luc Mélenchon pour 2017. Une décision que les proches du candidat s'efforcent depuis de minimiser.

Autour de Jean-Luc Mélenchon, on attend que l'orage passe en faisant le dos rond. Pas question de s'affliger de la décision de la Conférence nationale du Parti communiste français (PCF), qui a pris l'initiative, samedi, de ne pas soutenir leur champion à l'élection présidentielle. "Cela ne change rien à la dynamique qui est la nôtre", assure ainsi au micro d'Europe 1 Alexis Corbière, porte-parole du cofondateur du Front de gauche. Avant de rappeler que sa campagne "est menée sans la direction du PCF" depuis le départ.

Relations tendues avec le PCF. De fait, Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré candidat à la présidentielle dès le mois de février, en solitaire. Sans même en avertir le PCF. Les relations entre le parti de Pierre Laurent et celui qui était arrivé quatrième en 2012 sont logiquement tendues depuis, faites de promesses de soutien et de velléités de candidature indépendante. Preuve que rien n'est simple, c'est finalement pour la seconde option qu'ont penché les cadres du PCF, alors que Pierre Laurent, lui, avait annoncé qu'il "privilégiait" un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Aux militants de se prononcer. Les soutiens du candidat déclaré comptent d'ailleurs profiter de ces divisions. Alexis Corbière souligne ainsi que son champion bénéficie déjà des "soutiens de [certains] communistes". Une pétition avait même été lancée au printemps par des militants pour influer sur la décision de leur direction. Et ce sont les adhérents du parti qui auront le dernier mot, lors d'un vote fin novembre, sur la ligne du PCF. "Le peuple communiste, on verra bien ce qu'il fera", lance à Europe 1 Eric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche et soutien de Mélenchon. "J'ai assez confiance à ce niveau là."

"La porte est ouverte". Tout comme Alexis Corbière, il fait le pari que Jean-Luc Mélenchon pourra au moins compter sur des soutiens individuels. "'France insoumise' est une démarche, une campagne, ce n'est pas un ralliement à personne, pas un nouveau parti, pas une nouvelle organisation", rappelle Eric Coquerel. "C'est un espoir qu'on veut ouvrir dans le pays. La porte est ouverte pour tous ceux qui veulent venir avec nous." "Tous ceux qui veulent faire en sorte qu'il y ait une candidature forte qui permette d'avoir un candidat qui puisse être au second tour", précise Alexis Corbière. "Et ça, ce n'est possible qu'avec Jean-Luc Mélenchon."

"Bon courage" au candidat PCF autonome. Le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon ne se prive pas de rappeler que son champion avait récolté 11,1% des suffrages en 2012, score qui semble hors d'atteinte pour un candidat communiste, quel qu'il soit. Il mise donc sur le pragmatisme et la volonté de rassembler des militants. Et égratigne au passage les cadres du PCF. "Si des gens, après avoir dit qu'il fallait le rassemblement, participent à rajouter un candidat supplémentaire, [je leur souhaite] bon courage."