Pour Le Guen, Martine Aubry n'a "jamais digéré son échec à la primaire" en 2011

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MARTINE AIGRIE - Le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement a estimé, jeudi sur Europe 1, que la virulente tribune de la maire de Lille nuisait au rassemblement de la gauche.

INTERVIEW

Jean-Marie Le Guen a peu goûté les critiques adressées par Martine Aubry au gouvernement dans Le Monde. Et attribue cette "charge d'une grande virulence, très globale", à une frustration de la maire de Lille. "J'ai l'impression que la primaire de 2011 n'a jamais été digérée après son échec", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, jeudi sur Europe 1. Arrivée derrière François Hollande au premier tour de ce scrutin, Martine Aubry s'était incliné au second tour, par 43,43% des suffrages contre 56,57%.

Un "coup de canif" dans le rassemblement. Pour Jean-Marie Le Guen, la tribune de Martine Aubry est une "critique radicalisée, pas constructive". "Il n'y a aucune proposition, aucune stratégie politique", a t-il souligné. Le secrétaire d'Etat a donc accusé Martine Aubry de "donner un coup de canif" dans le rassemblement d'une gauche qui aurait "besoin d'unité, de sérénité". "Il y a des gens qui préfèrent être dans l'indignation, dans l'opposition. Ils n'assument pas leurs responsabilités." De fait, ce n'est pas la première fois que la maire de Lille s'attaque à la politique sociale et économique du gouvernement. Pacte de responsabilité, mais aussi CICE et travail du dimanche ont régulièrement été, depuis 2014, vilipendés par l'ancienne secrétaire nationale du PS.

D'un côté, les pragmatiques... Reprenant des arguments chers au Premier ministre, Manuel Valls, le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement a renvoyé dos à dos "deux gauches". D'abord "celle que représente François Hollande, pragmatique, réaliste" et favorable à des politiques plus sociales-libérales. "Faut-il soutenir les entreprises ? La gauche de responsabilité dit oui", a détaillé Jean-Marie Le Guen. "Faut-il réformer le code du Travail ? Oui. Doit-on accepter la politique migratoire de Madame Merkel ? Non, il faut une politique plus équilibrée."

...de l'autre, les "postures morales". Face à cette gauche qui, selon lui, "modernise le socialisme", le secrétaire d'Etat distingue la "gauche méprisante, qui ne parle qu'à elle-même et ne cherche pas à s'adresser aux Français". Celui qui avait déjà fustigé, il y a quelques jours, ces "grincheux" prompts à critiquer le gouvernement, les a accusés une nouvelle fois de ne pas prendre leurs responsabilité. "Pour eux, la situation est trop difficile. Ils préfèrent avoir des postures morales. On ne peut pas donner des leçons de morale quand on voit la situation du PS dans le Nord-Pas-de-Calais", a t-il ajouté, faisant allusion à la défaite cuisante des socialistes lors des dernières élections régionales.