Pour Gérard Longuet, Pierre de Villiers a été le "bouc émissaire fédérateur" du gouvernement

  • A
  • A
Pour Gérard Longuet, Pierre de Villiers a été le "bouc émissaire fédérateur" du gouvernement
@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Partagez sur :

Pour le sénateur et ancien ministre de la Défense, le général de Villiers a servi de paratonnerre dans les décisions budgétaires. Il regrette aussi qu'Emmanuel Macron n'est pas fait lui-même l'annonce des économies demandées.

Le sénateur Les Républicains et ancien ministre de la Défense Gérard Longuet a réagi dans le Figaro aux propos de Christophe Castaner concernant la démission de Pierre de Villiers à la suite de la querelle autour des coupes dans le budget de la Défense. Pour le sénateur LR, l'erreur vient d'abord du président qui aurait dû selon lui traiter directement cette question budgétaire.

"Manque de savoir-faire gouvernemental". "À charger l'ancien CEMA (chef d'état-major des armées), Christophe Castaner dessert le président en rappelant qu'au fond de la crise il y a, au mieux, un manque de savoir-faire gouvernemental dans la conduite des arbitrages, au pire un abandon de la parole donnée lors du renouvellement il y a quelques semaines du général de Villiers (...) L'engagement de nos forces mérite, y compris dans un contexte budgétaire difficile, un engagement personnel du président qui ne peut sous-traiter à un ministre débutant une décision et donc son annonce, qui relèvent l'une et l'autre du seul niveau présidentiel", a-t-il dit faisant référence à l'annonce faite par Gérald Darmanin d'une coupe dans le budget de la Défense à hauteur d'environ 850 millions d'euros.

"Franc et direct, Pierre de Villiers sert de paratonnerre". "L'annonce unilatérale, et manifestement sans débat interne au gouvernement, par M. le ministre Gérard Darmanin d'une nouvelle réduction de 855 millions d'euros après le gel de près de 2,4 milliards décidé à la fin du mandat de François Hollande remet en cause tout le crédit du ministre de la Défense auprès de ses troupes", poursuit-il. "Le CEMA devient pour En marche! un bouc émissaire fédérateur. Silencieux, il aurait conduit sans doute les députés de la commission de la Défense à interroger les ministres compétents et la crise serait devenue gouvernementale. Franc et direct, Pierre de Villiers sert de paratonnerre et Castaner veut lui faire endosser la responsabilité de la crise, qui pourtant ne procède que du seul changement d'orientation, voulu par le président et annoncé par Darmanin."

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner avait accusé vendredi, dans les colonnes du Figaro, l'ancien chef d'état-major Pierre de Villiers d'avoir été "déloyal dans sa communication" et d'avoir "mis en scène sa démission", sur fond de désaccord budgétaire avec Emmanuel Macron. "Il s'est comporté en poète revendicatif. On aurait aimé entendre sa vision stratégique et capacitaire plus que ses commentaires budgétaires", avait également cinglé Christophe Castaner.