Pour devenir Français, il faudra le parler

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Pour devenir Français, il faudra le parler
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EXCLU - Europe 1 s'est procuré la charte qu'a présenté mardi Claude Guéant sur la naturalisation.

A compter du 1er janvier 2012, les demandes de naturalisation vont se compliquer pour les étrangers. Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, présente mardi après-midi la "charte des droits et des devoirs du citoyen français" que les étrangers devront connaître.

Laïcité et "engagements"

Sur ces quatre pages qu'Europe 1 s'est procurées sont rappelés les valeurs et symboles de la République française. Couleurs du drapeau, hymne national, date de la fête nationale sont notamment listés. Le texte qui reprend les fondamentaux s'attarde également sur les notions de laïcité ("la République respecte toutes les croyances") et de démocratie ("gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple").

"Vous souhaitez devenir Français. C'est une décision importante et réfléchie. Devenir Français n'est pas une simple démarche administrative. Acquérir la nationalité française est une décision qui vous engage et, au-delà de vous, engage vos descendants", souligne la charte en préambule. La devise "Liberté, égalité, fraternité" est aussi fortement développée.

Pour lire, la charte qui devra être signée par les demandeurs de la nationalité française, cliquez ici.

 Le document doit être signé à l'issue de l'entretien d'assimilation par les étrangers qui accèdent à la nationalité française par naturalisation (90.000 environ) et non par ceux qui l'obtiennent par le mariage (17.000) et par le droit du sol (27.000).

"Une exigence excessive"

Mais avant cela, l'étranger demandeur de nationalisation aura dû passer avec succès les tests de connaissance de la langue, notre histoire et de culture générale par un examen de niveau brevet des collèges.

Certains protestent contre la mise en application de ce texte, jugé "excessif". "Il me paraît normal qu'un étranger qui souhaite obtenir la nationalité française parle notre langue, c'est essentiel", répond à Europe1.fr Pierre Henry, le directeur général de France Terre d'Asile.

"Mais si l'on devait faire passer ce type de test à un certain nombre de nos concitoyens, beaucoup échoueraient", ajoute-t-il, qualifiant la mesure "d'excessive".

Pierre Henry dénonce également le manque d'accès à l'apprentissage de notre langue pour les étrangers. "Savez-vous que seul un étranger sur cinq a accès à une formation linguistique ? L'offre est insuffisante, l'Etat ne peut pas toujours faire des injonctions, il faut aussi mettre des moyens", réclame-t-il.

"Et il ne faut pas oublier non plus que la naturalisation ne se demande pas par confort. C'est quelque chose de très mûri, qui est en général demandé après dix ou douze ans de présence en France".

"L'assimilation, clivage de campagne"

Mais avant cela, l'étranger demandeur de nationalisation aura dû passer avec succès les tests de connaissance de notre langue, notre histoire et de culture générale par un examen de niveau brevet des collèges.

La présentation de ce texte en grande pompe place Beauvau est le premier rendez-vous fort d'une séquence de quinze jours. Jeudi, Claude Guéant appuiera "l'assimilation" pour en faire un vrai clivage de campagne.

A Montfermeil, en banlieue parisienne, jeudi, le ministre de l'Intérieur dénoncera la ghettoïsation et le communautarisme. Il fera des propositions pour que l'émigration mène à une véritable "assimilation", un thème phare pour 2012, selon les informations du buzz politique d'Europe 1.