Popularité : que va faire Hollande des 21 points gagnés dans les sondages ?

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Popularité : que va faire Hollande des 21 points gagnés dans les sondages ?
François Hollande enregistre un bond de popularité historique de 21 points, dans le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris-Match et Sud Radio publié lundi, ce qui le hisse désormais à 40% d'opinions favorables.@ PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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PROSPECTIVE - Le couple exécutif bénéficie d'un bond historique dans les sondages. Pour combien de temps ?

À évènement historique, sondage historique. François Hollande enregistre un bond de popularité record de 21 points, dans le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris-Match et Sud Radio publié lundi, ce qui le hisse désormais à 40% d'opinions favorables. De son côté, Manuel Valls gagne 17 points, ce qui le place à 61% de popularité, un score supérieur à celui de son entrée à Matignon.

Mais cela va-t-il durer ? Le tandem de l'exécutif pourra-t-il capitaliser dessus ? La gestion de la crise terroriste et l'unité nationale ont-elles relégué au second plan, dans le cœur des Français, les questions du chômage et de la dette ? Les experts en doutent.

L'économie va reprendre ses droits. "L'embellie durable, je n'y crois pas", tranche d'emblée le politologue Pascal Perrineau, contacté par Europe1. "Le terrorisme n'est pas la vie quotidienne des Français. La violence a marque les esprits. Mais le chômage, la croissance, l'endettement de l’État qui nuit aux services publics, tous ces thèmes vont retrouver leur place. Et là-dessus, la crédibilité du chef de l’État reste faible. Il y a un vrai risque de rechute. L'émotion s’atténue, et les débats sur 'comment a-t-on pu en arriver là' commencent d'ailleurs à naître", estime le spécialiste.

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Cité par l'AFP, Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, ne dit pas autre chose. Selon lui, "c'est une parenthèse qui va rester provisoire, car l'économie va revenir au galop et c'est au cœur des préoccupations" de l'opinion. De surcroît, "on est à une soixantaine de jours des départementales qui vont refabriquer du clivage gauche-droite", renchérit l'observateur.

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© Reuters

"Cela va laisser des traces". Il n'empêche : il y aura un avant et un après janvier 2015, prédisent les experts. Ces dernières semaines n'ont pas simplement convaincu les Français que Hollande pouvait gérer une crise. "Elles ont, notamment à gauche, donné l'image qu'il n'était pas si 'nul' que ça", complète Pascal Perrineau. Le sondage de l'Ifop est d'ailleurs plein de surprise. La confiance envers le chef de l’État monte dans tous les domaines, même en économie : sa cote de confiance en la matière prend sept points.

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"Cela va laisser des traces. Le président de la République était en train de disparaître des écrans radar de la vie politique. Et les attentats ont remis le président dans le jeu, en particulier au sein de la gauche", décrypte Pascal Perrineau. "Plus rien ne sera comme avant. Le président a pour la première fois écarté des reproches incessants sur une supposée incapacité à décider", poursuit Frédéric Dabi. "Avant les attentats, François Hollande n'était pas respecté en tant que président, y compris dans son propre camp. On en était à se demander : 'va-t-il finir le quinquennat?' Je pense que le 'Hollande bashing', c'est fini", résume le politologue Thomas Guénolé.
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© AFP/PATRICK KOVARIK

Maintenant, il faut convaincre. Pour Pascal Perrineau, "la gestion de crise des attentats de Hollande a remis la gauche gouvernante dans la course" à 2017, même si "absolument rien ne permet de dire qu'elle l'emportera". Car la bulle de popularité du couple exécutif peut éclater à tout moment. Comment la préserver ? "Il va devoir se poser des questions de fond, sur le vivre-ensemble, la laïcité, et c'est là que l'unité nationale risque de se fissurer", prophétisait la semaine derniere Jérôme Fourquet, directeur du Département Opinion de l'Ifop.

Et puis il va falloir assurer sur l'économie. Visite de Valls d'une usine à Quimper vendredi, vœux de Hollande au monde de l'entreprise lundi, le tandem "revient d'ailleurs de lui-même sur les questions de dette et de chômage, et se remet à défendre vigoureusement sa politique", décrypte Pascal Perrineau. Qui conclut : "ce sera la bonne méthode, si les résultats arrivent".