Plus de surveillants, "c’est la facilité"

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Plus de surveillants, "c’est la facilité"
@ MAX PPP
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L’ancien ministre Luc Ferry a plaidé pour des mesures de long terme contre la violence à l’école.

"Si je me mets à leur place, je fais grève aussi", a reconnu Luc Ferry, interrogé sur le mouvement des enseignants de l’académie de Créteil. Mais l’ancien ministre de l’Education nationale a immédiatement précisé : "en même temps, il faut être honnête : même si on rajoutait dix surveillants de plus, ça ne changerait pas grand-chose. "On traite toujours les symptômes, pas les causes", a-t-il regretté vendredi sur Europe 1.

"C’est la facilité et ça ne règle absolument pas le problème. Vous n’allez pas mettre un surveillant devant chaque élève. C’est la tentation la plus bête qui soit", a insisté Luc Ferry. Il a assuré qu’il ne s’agissait que d’un "réflexe dans l’urgence", comme les mesures de sécurité défendues par le gouvernement, notamment l’installation de caméras de surveillance.

De la "violence rentrée"

"Le vrai problème, c’est de faire en sorte que chaque élève réussisse quelque chose", a expliqué l’ancien ministre aujourd’hui délégué du Conseil d’analyse de la société. "On a 160.000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans rien. Ça veut dire que ça fait douze ans qu’ils accumulent les échecs. On ne leur a pas permis de réussir, ils n’ont rien réussi, ils ont tout raté. C'est-à-dire une dose de violence rentrée qui est toute prête à sortir", a-t-il analysé.

Luc Ferry a par ailleurs attaqué vertement sur le thème de la garde à vue des mineurs. "On veut des policiers, on veut des surveillants, et en même temps, à chaque fois qu’ils remettent un peu l’autorité en place et qu’ils essaient de remplacer des parents manifestement défaillants, on se met à les insulter. Je crois qu’il faut être honnête", s’est agacé l’ancien ministre.

Au passage, revenant sur le manque de moyens de l’Etat et le déficit public, Luc Ferry s’en est pris tour à tour à la taxe carbone, au grand emprunt, à la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique et à la baisse de la TVA dans la restauration. Des mesures "peut-être bonnes en 2007 mais qui sont prises à contre-pied par la crise".