Plan de stabilité: qui votera le texte de Manuel Valls ?

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Plan de stabilité: qui votera le texte de Manuel Valls ?
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QUI VOTE QUOI - Le Premier ministre a tout fait pour rassurer et convaincre sa majorité de soutenir son plan. Pour des résultats contrastés.

 L’INFO. Ce n’est pas un second vote de confiance, mais ça y ressemble. Mardi, en fin d’après-midi, le Premier ministre va faire voter par le Parlement son plan de 50 milliards d'économies, indispensable à ses yeux pour la crédibilité française en Europe. "Un moment de vérité" et un "vote tout sauf indicatif", a-t-il écrit, lundi, aux parlementaires de sa majorité, dont nombre d'entre eux menaçaient jusqu'à ce week-end de s'abstenir. Mais depuis, les concessions du gouvernement en ont rassuré certains.

>>Europe1.fr fait le point sur les intentions de vote des différents groupes.

ILS VONT VOTER POUR

Lundi, Manuel Valls s’est adressé aux élus PS pour leur faire savoir l’importance de leurs votes. Et les gestes à destination des plus modestes - revalorisation pour les petits fonctionnaires, pas de report du plan de pauvreté, les petites retraites épargnées par le gel de la revalorisation des pensions - ont achevé d'en convaincre certains. " On a été entendus", se félicitent-ils. "Le Premier ministre a donc transformé des abstentions en oui", confirme une députée. "Dès lors que le gouvernement a revu sa copie, je voterai pour son projet", a renchéri l’élu du Lot-et-Garonne, Matthias Fekl.

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Karine Berger, à la tête de la fronde, fait partie des nouveaux convaincus, et elle s’en est expliquée lundi matin sur Europe 1 : "les annonces représentent à peu près entre 1,5 milliard d’euros et 2 milliards d’évolution, ce qui était notre première demande. On sera très très attentif à la concrétisation de ces annonces, mais, à ce stade, cela va dans le sens de ce qui a été demandé par beaucoup de députés. J’ai demandé l’avis des militants de ma fédération. Ils me disent : ‘les évolutions sont suffisamment importantes pour que tu puisses voter le programme de stabilité’. "

ILS VONT S’ABSTENIR

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Il a tout tenté. Il a discuté, écouté, cajolé, mais Manuel Valls ne pourra toutefois pas compter sur un soutien unanime de sa majorité. Les écologistes lui feront défaut, mais ça, il pouvait s’y attendre, eux qui ont refusé de participer à son gouvernement. Il espérait en revanche convaincre l’aile gauche du PS. Il n’a pas réussi. Christian Paul, député socialiste de la Nièvre, a expliqué lundi matin à Europe 1 pourquoi il s’abstiendrait lors de ce vote : "il y a eu quelques avancées. Il y en a eu une, essentiellement, qui concerne les retraites les plus modestes. Heureusement que des dizaines de députés se sont levés depuis plusieurs jours pour dire : ‘on ne peut pas continuer à appauvrir les retraités les plus modestes’. Mais à l’heure où nous parlons, ce n’est pas satisfaisant. C’était important qu’il y ait ce choix du Premier ministre, mais ce n’est pas suffisant." Et de conclure : "notre abstention sera un vote d’alerte."

"Notre", car ce député proche de Martine Aubry ne sera pas le seul sur cette ligne : ils pourraient être une trentaine comme lui à refuser de se prononcer sur ce plan. "Au-delà, ça poserait un vrai problème politique", décrypte un élu pour Europe 1.

ILS VONT VOTER CONTRE

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Lundi soir, bien qu’il se défende de vouloir attirer à lui les voix de l’opposition, Manuel Valls a écrit aux parlementaires de l’UMP et de l’UDI. Pour le premier, cela ne devrait pas servir à grand-chose. Jean-François Copé a répété, lundi sur Europe 1, qu’il ne voterait pas ce "pacte de responsabilité [qui] est une illusion d'optique". "Après deux ans d'une politique désastreuse, on nous présente une potion dite magique dans une marmite joliment présentée", a ajouté le député. Certains de ses élus pourraient toutefois s’abstenir, comme Benoist Apparu, Jérôme Chartier ou encore Valérie Pécresse.

A l’UDI, on hésite encore sur la conduite à tenir. Les 29 députés centristes se réuniront mardi matin pour en débattre, mais la tendance serait plutôt à '"une abstention d'encouragement". Yves Jégo, président par intérim de l’UDI, a même assuré, dans un entretien au Journal du Dimanche, qu’il ne "voit pas comment l'UDI pourrait voter contre le plan Valls".

Jean-Luc Mélenchon, lui, ne voit aucune bonne raison d’apporter son soutien au gouvernement. Le coprésident du Front de gauche, qui ne votera pas car il n’est pas élu en France, "souhaite que [Valls] soit mis en minorité et que l'on forme une autre majorité, un autre gouvernement, une autre politique et que l'on ait un autre premier ministre". Son parti votera logiquement contre, tout comme le Parti communiste.

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