Plan d’économies : des élus de droite disent "pourquoi pas"

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Plan d’économies : des élus de droite disent "pourquoi pas"
Frédéric Lefebvre fait partie des (rares) députés UMP qui pourraient voter en faveur du plan d'économies voulu par Manuel Valls.@ MAXPPP
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Plusieurs députés de l’UMP et du centre envisagent ouvertement de voter le plan d'économies du gouvernement. Pas seulement par sens de l’intérêt général.

Et si le salut, pour Manuel Valls, venait de la droite ? Confronté à une fronde de certains députés socialistes, qui envisagent ouvertement de ne pas voter, mardi prochain à l’Assemblée, en faveur de son plan d’économies de 50 milliards d’euros en trois ans, le Premier ministre pourrait recevoir le soutien, relativement inattendu, de certains députés de l’UMP et du centre. Qui envisagent, eux, de voter pour ce "programme de stabilité", malgré leur statut d’opposant. Pour se justifier, ils avancent l’intérêt général. Mais ce n’est pas là leur seule motivation. Explications.

>>> Ils sont de droite ou du centre, ils pourraient dire oui

Trois voix dissonantes à l’UMP. Si Christian Jacob, patron des députés UMP, répète volontiers que la totalité du groupe votera contre le plan, il pourrait en fait en être autrement. Plusieurs voix se sont élevées pour indiquer que des élus envisageaient de voter pour. Frédéric Lefebvre, par exemple, qui se montre affirmatif. "Mardi, je voterai le programme de stabilité", assure le député des Français de l’étranger dans Le Figaro. "La direction du pacte est la bonne. Il mérite d’être amplifié et accéléré. C’est donc un oui, mais…" Idem pour Valérie Pécresse, qui a affirmé sur France 3 qu’elle pourrait voter "un certain nombre de mesures" du pacte. Enfin, Benoist Apparu laisse lui aussi la porte ouverte. "Si dans le contenu il y a des choses intéressantes, je n'aurai pas de problème pour le voter", a déclaré le député de la Marne dimanche sur France Inter.

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© REUTERS

Le groupe UDI s’interroge. A l’UDI aussi, certains ne cachent pas que voter "oui" est une possibilité. "Si Manuel Valls a le courage d'engager clairement et rapidement les réformes nécessaires, nous devons avoir le courage de les soutenir, a déclaré Yves Jégo, président intérimaire du parti centriste, au Monde. "Si les mesures sont concrètes, on les ­votera sans difficulté", a assuré de son côté Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis, au Figaro. Les deux hommes parlent au nom de leurs troupes. Ce sont donc les 30 députés UDI qui pourraient apporter leur soutien à Manuel Valls.  

>>> Pourquoi ces voix discordantes ?

Chacun avance le sens de l’intérêt général pour expliquer sa position. "On ne peut pas l’exclure", admet le politologue Thomas Guénolé, maître de conférences à Sciences-Po, joint par Europe1.fr. "La politique n’est pas faite uniquement de cynisme et de calcul".

"Opposition constructive" au centre. Cela est surtout vrai pour l’UDI. "La ligne du centre est la même depuis de nombreuses années, avec une doctrine qui est celle de l’opposition constructive", explique Thomas Guénolé, qui rappelle que les centristes avaient par exemple voté en faveur des emplois d’avenir voulus par François Hollande. "Ce n’est pas comme l’UMP et le PS, qui sont dans une ligne d’opposition que j’appelle ‘pavlovienne’, qui tient presque du réflexe", poursuit l’auteur du Petit guide du mensonge en politique (ed. First). C’est donc plus la posture des députés UMP récalcitrants qui interpelle. La stratégie politique entre en ligne de compte.

Benoist Apparu

Du "marketing de différenciation". Alors quelle mouche a piqué Frédéric Lefebvre, Valérie Pécresse et Benoist Apparu, tous anciens ministres de Nicolas Sarkozy ? "Il s’agit de ce que j’appelle ‘le marketing de différenciation’", explique Thomas Guénolé. "Pour résumer, si votre camp dit quelque chose, dites le contraire pour vous faire remarquer", précise le politologue. Qui remarque que ces positions différentes proviennent "de personnalités déjà identifiées, mais dont on n'entend plus parler". Au delà du fond, il s’agit donc bien d’une stratégie pour attirer la lumière.

Une vraie-fausse radicalisation. "Quand on veut attirer l’attention des médias, on radicalise son propos", édicte par ailleurs Thomas Guénolé. Le contre-pied de certains ténors UMP fait là office de radicalisation. En trompe-l’œil. "Quand on rentre dans le détail, ces positions ne sont pas si radicales que cela" analyse le politologue. "Elles sont accompagnées de conditions telles que ceux qui les énoncent savent très bien qu’elles ne seront pas satisfaites, et qu’ainsi ils n’auront pas à franchir le Rubicon." Exemple avec Benoist Apparu.  "Je pourrais voter en faveur de ce texte sans problème", a-t-il affirmé sur BFM Business mardi matin, mais en ajoutant : "avec davantage de garanties". "Le programme de Manuel Valls va dans la bonne direction, même si je pense qu'il devrait aller plus loin, plus fort, plus vite. Aujourd'hui, je reste très dubitatif, il y a beaucoup de phraséologie dans le projet, peu de concret."

Bref, la porte de sortie est déjà ouverte. Reste donc à savoir si les députés UMP concernés oseront aller au bout de leur démarche. Réponse mardi prochain à l’Assemblée.

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