Pour Pierre Gattaz, "l'ISF est un poison"

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Le patron du Medef Pierre Gattaz se dit "ravi" qu'Emmanuel Macron veuille réformer l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

INTERVIEW

Emmanuel Macron veut largement réformer l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF)... Et c'est une idée qui plaît beaucoup au patron du Medef, Pierre Gattaz. "L'ISF est un poison qui a empoisonné l'économie française depuis 30 ans", assure-t-il mardi au micro de Patrick Cohen dans Europe Matin

"On a détruit un tissu patrimonial, familial". "Je vais vous donner un exemple très concret" sur l'ISF, explique d'abord Pierre Gattaz. "Ma société Radiall est une société familiale. Il y a 20 ans, j'avais une vingtaine de concurrents patrimoniaux, familiaux en France. Ils se sont tous vendus et certains se sont expatriés à cause de l'ISF. Et mes concurrents allemands, créés après la guerre, sont en croissance, se développent". En France, "on a détruit tout un tissu patrimonial, familial, de gens qui cultivent des valeurs humaines très profondes et qui, par des questions d'idéologie sur la fiscalité, ont été obligés de vendre". 

"Ça suffit !" Historiquement opposé à cette imposition, Pierre Gattaz ne décolère pas contre cet impôt qu'il trouve "injuste". "L'ISF est un poison qui a empoisonné l'économie française depuis 30 ans", assure-t-il. "Moi, je suis ravi que quelqu'un puisse dire 'On en a marre'. "Ça suffit !" On est l'un des seuls pays au monde à avoir gardé l'ISF". 

"La France redevient intéressante". Pierre Gattaz attribue ensuite de nombreux bons points au chef de l'Etat. "La France, avec ces réformes, redevient intéressante, très attractive", estime le n°1 du Medef. "Je crois qu'il faut profiter de cet alignement des planètes. Si, dans les mois à venir, il y a une stabilité sur le plan fiscal, sur le plan social, après des réformes qui doivent être menées courageusement, et que tout ça se stabilise, en tant que Medef, je serai le premier ambassadeur de ces réformes sur le plan national et international".