Petites lignes SNCF : "Les régions ne sont pas les vaches à lait de l'État", s'indigne Hervé Morin

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Pour le président de la région de Normandie, la gestion des petites lignes ferroviaires présente un risque financier pour les collectivités.

INTERVIEW

C'est une question qui préoccupe les territoires : les régions pourront-elles faire vivre les petites lignes SNCF, celles qui sont les moins fréquentées, et que l'État envisage de laisser aux mains des collectivités ? Pour Hervé Morin, le président du Conseil régional de Normandie, une telle charge risque de grever les budgets locaux. "Les régions ne sont pas les vaches à lait d'un État qui a laissé tomber des lignes ferroviaires qui sont de sa responsabilité", s'indigne-t-il jeudi, au micro de la matinale d'Europe 1.

Un état des lieux des petites lignes. "On ne va tout de même pas nous expliquer que, d'un côté, il faut diminuer les dépenses et, de l'autre, financer ce que je n'ai pas à financer", relève celui qui est également le président des Régions de France. "J'ai pris un café avec Élisabeth Borne [la ministre des Transports, ndlr]. Nous avons arrêté la procédure sur les petites lignes. Il faut que nous ayons de la SNCF un état des lieux extrêmement précis sur la situation du réseau ferroviaire dit 'des petites lignes'. On s'est donné entre le 31 juillet et le 31 août pour avoir cet état des lieux", révèle Hervé Morin. "Ensuite, il va y avoir une discussion avec les préfectures pendant trois mois, pour voir comment l'on inscrit dans le futur contrat de plan la rénovation des lignes, en sachant que sur un certain nombre d'entre elles, il faut intégrer que désormais on est dans l'intermodalité", indique-t-il.

La ligne Abbeville-le Tréport. Egalement interrogé sur la fermeture programmée de la petite ligne SNCF Abbeville-le Tréport, entre les Hauts-de-France et la Normandie, Hervé Morin invoque une contrainte financière. "J'ai, grosso modo, 200 ou 250 millions d'euros à trouver pour rénover les lignes ferroviaires de la Normandie et le budget n'est pas sans fond".

Réagissant à cette déclaration, Xavier Bertrand, son homologue des Hauts-de-France, s'est aussitôt manifesté à l'antenne d'Europe 1, pour faire savoir qu'il était prêt à "mettre 20 millions d'euros sur la table" pour sauver cette ligne. "Et je dis à l'Etat et à la SNCF : on y va ensemble pour garantir !", a-t-il lâché à l'attention de Guillaume Pepy et d'Elisabeth Borne.

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Ouverture à la concurrence. En outre, Hervé Morin se dit favorable à l'ouverture du rail français à la concurrence. Une mesure qui, selon lui, permettra de réduire les subventions versées par les collectivités à l’entreprise publique. "Les régions de France le demandaient depuis des années pour deux raisons simples : la qualité du service s'est dégradée depuis des années et nous avons un coût au kilomètre du ferroviaire qui est de 30% à 50% supérieur à l'Allemagne", pointe-t-il. "L'ouverture à la concurrence permettra de réduire les subventions d'équilibre que nous accordons par centaines de millions d'euros à la SNCF", salue l'élu.