Hommage à Pétain : Macron "ne pardonne rien" mais "ne gomme rien de notre histoire"

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Le président de la République a accusé mercredi les médias de "créer des polémiques", après les réactions suscitées par sa défense de l'hommage au maréchal Pétain. 

Emmanuel Macron a expliqué mercredi qu'il "ne pardonnait rien" des actes de Philippe Pétain mais qu'il "ne gommait rien" de l'Histoire de France, tout en accusant les médias de "créer des polémiques", après avoir jugé "légitime" de rendre hommage à ce "grand soldat" de la Première Guerre mondiale.

"Je ne suis pas dans votre bocal". "Vous créez des polémiques tous seuls, mes enfants. Vous êtes... Je ne suis pas dans votre bocal. (...) Le maréchal Pétain, quand il a dirigé la France pendant la Deuxième Guerre mondiale, a été complice de crimes profonds qui ont été reconnus, et la responsabilité de l'État français a été reconnue. Je l'ai dit, j'ai été très clair sur ce point. (...) Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire", a déclaré le chef de l'État, en déplacement dans l'Aisne.

Le Crif "choqué". Le périple d'Emmanuel Macron sur les traces de la Grande Guerre a était perturbé mercredi par une controverse sur l'opportunité de rendre hommage à Pétain à l'occasion du centenaire de la fin de la Première mondiale. L'exécutif tentait de tuer dans l’œuf cette polémique qualifiée de "mauvaise" et "vaine" par le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, face notamment aux critiques virulentes du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon mais aussi des instances juives comme le Crif, qui s'est dit "choqué". 

Avec les sept autres maréchaux de la Grande Guerre, Philippe Pétain sera ainsi célébré samedi aux Invalides, lors d'une cérémonie à laquelle participeront les plus hauts responsables militaires français. "Il est légitime que nous rendions hommage aux maréchaux qui ont conduit l'armée à la victoire, comme chaque année. Mon chef d'état-major sera présent à cette cérémonie", a dit Emmanuel Macron, interrogé par des journalistes.

Comment ont agi les présidents ? Le général de Gaulle, qui avait servi sous les ordres de Pétain avant la Première Guerre mondiale, devient son ennemi quand il se dresse contre la capitulation en juin 1940. Chef du gouvernement à la Libération, il le graciera en 1945. Président de la République, il refusera le transfert de ses cendres à Verdun, mais fera fleurir sa tombe à l'ile d'Yeu le 11 novembre 1968, à l'occasion du cinquantenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Un geste que renouvellera chaque année, de 1986 à 1992, un de ses successeurs, François Mitterrand, qui avait reçu en 1943 la francisque, décoration du régime de Vichy, au moment où paradoxalement il rejoignait la Résistance. Au-delà de leur attitude envers Pétain lui-même, les présidents de Gaulle et Mitterrand se retrouveront pour refuser toute légitimité historique au régime de Vichy, qui pour eux ne représente en rien la France de l'époque. Une attitude avec laquelle rompra Jacques Chirac en 1995, en reconnaissant la responsabilité de "l'État français" dans les déportations de juifs. François Hollande ira plus loin en parlant en 2012 d'un "crime commis par la France".