Peillon s’explique sur son faux-bond à France 2

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Peillon s’explique sur son faux-bond à France 2
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L’eurodéputé socialiste a affirmé vendredi que son "lapin" à l’émission A vous de juger était prévu depuis longtemps.

"Je voulais être solennel, saisir les esprits et ne pas cautionner un débat qui n’est pas sur l’identité nationale mais sur l’indignité nationale". Vincent Peillon a expliqué vendredi sur Europe 1 qu'il assumait pleinement, autant sur la forme que sur le fond, le fait qu'il ait décidé au dernier moment de ne pas se rendre à l'émission A vous de juger jeudi soir sur France 2. Il a également précisé qu'il avait prévenu la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, 48 heures avant, "par correction".

"Si je l’avais fait beaucoup plus tôt, personne n’en aurait parlé et tout le monde serait passé sur quelque chose avec lequel on n’a trop de complaisance" s’est justifié l’eurodéputé socialiste. Si j’avais annoncé plus tôt que je ne venais pas, on aurait toujours trouvé quelqu’un à gauche content de montrer sa bobine à la télé".

Interrogé sur le site Internet Rue89, Vincent Peillon est revenu vendredi sur les détails de son "coup" : "J'avais pris ma décision depuis plusieurs jours. C'était préparé avec quelques-uns. Je voulais qu'il y ait un incident. Il fallait que ça fasse un peu scandale".

Jeudi soir, alors que l'émission A vous de jugercentrée sur Eric Besson était en cours, Vincent Peillon avait fait savoir par communiqué à l'AFP qu'il ne se rendrait pas à l’émission pour débattre avec le ministre de l'Immigration. Une méthode jugée "inélégante" par Arlette Chabot, qui a répondu en direct à Vincent Peillon, rappelant que tout avait été organisé "dans la totale transparence".

Les réactions n’ont pas tardé. Marine Le Pen a d'abord ironisé sur cette absence, déclarant en direct de l’émission qu'Eric Besson pouvait jouer le rôle à la fois "du socialiste et du responsable de l'UMP". La vice-présidente du FN a haussé le ton vendredi matin évoquant "des méthodes scandaleuses". Jean-Marie Le Pen, lui, a évoqué, un "faux prétexte" avancé par Vincent Peillon. Tandis que le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, l'a qualifié de "fourbe" et de "totalitaire".
A gauche, rares sont ceux qui ont soutenu sa démarche. David Assouline (PS) a jugé vendredi "tout à l'honneur l'attitude du député socialiste, jugeant qu'il se serait retrouvé "otage d'un spectacle" où sa parole aurait été "broyée et reléguée au statut de faire-valoir et de caution". "Je n'aime pas trop la forme, il avait accepté de faire le débat, il aurait peut-être dû le faire", a déclaré de son côté Georges Frêche sur Europe 1.