Peillon : "grotesque" pour Patrice Duhamel

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Peillon : "grotesque" pour Patrice Duhamel
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L’annulation par Vincent Peillon de sa venue dans A vous de juger jeudi relance le débat sur l’indépendance des média, selon Chabot et Duhamel.

Un responsable politique qui accepte une invitation à débattre sur le plateau d’une émission de service public, puis fait faux bond en plein direct, c’est tout simplement "inacceptable" pour Arlette Chabot. La présentatrice d’A vous de juger a déclaré vendredi sur Europe 1 que Vincent Peillon "a sciemment voulu priver les téléspectateurs d’un débat entre un opposant et un membre du gouvernement".

Ecoutez la réaction d’Arlette Chabot vendredi matin sur Europe 1 :

Considérant que le comportement de Vincent Peillon pose le débat sur la relation entre les médias et les hommes politiques, elle a ajouté : "C’est une curieuse conception de la démocratie. Il confond les médias et la politique."

Patrice Duhamel, directeur général de France Télévision, s’est exprimé en exclusivité sur Europe 1, et a apporté son soutien à Arlette Chabot. "Bien entendu, nous la soutenons. Ce qui s’est passé hier, c’est une affaire très grave, c’est pour cela que j’interviens". Il a considéré que l’attitude de Vincent Peillon était symptomatique de l’instrumentalisation des médias par les politiques : "Nous ne nous laisserons pas manipuler au service public (…) Chacun doit rester à sa place. Les médias font leur travail d’information, et c’est une information pluraliste. Nous n’invitons pas des responsables politiques parce que nous les aimons, mais parce que c’est notre travail".

Ecoutez la réaction de Patrice Duhamel dans Le Grand Direct des médias vendredi :

Alors que Vincent Peillon reconnaît avoir prémédité son "coup", afin de bien montrer qu’il "ne cautionne pas un débat qui n’est pas sur l’identité nationale mais sur l’indignité nationale". D’après Patrice Duhamel, une telle attitude est "grotesque", et "cela fait 20 ou 30 ans qu’on n’a pas entendu une énormité pareille". De son côté, Arlette Chabot a indiqué que, désormais, elle "procéderait par écrit avec les invités, et demandera qu’on (lui) réponde sur les conditions du débat".

Vendredi, Patrick de Carolis, PDG de France télévisions, a écrit à Martine Aubry, afin de lui demander si elle cautionne l'appel à la démission lancé jeudi par Vincent Peillon à l'encontre d'Arlette Chabot. "J'aimerais savoir si vous-même et le Parti Socialiste cautionnez cet appel à la démission collective", lui-a-t-il demandé, précisant que cela ne s'est pas vu "depuis quelques dizaines d'années".

De son côté, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a indiqué qu'elle soutenait "pleinement" la décision de Vincent Peillon de ne pas participer au débat. En revanche, elle s'est dissociée de son appel à la démission. De son côté, le SNJ-CGT de France Télévisions a dénoncé vendredi l'"ingérence" de Vincent Peillon, tout en critiquant l'attitude d'Arlette Chabot durant le débat entre Eric Besson et Marine Le Pen, qualifiée de "totalement absente."

Côté audience, l’émission n’a réuni que 2,7 millions de téléspectateurs, soit 10,3% de part de marché. France 2 ne s’est classée qu’en troisième position de la soirée.

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