PCF : un congrès sous tension

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PCF : un congrès sous tension
@ MAXPPP
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Dans un contexte tendu depuis la démission de 200 cadres, Marie-Georges Buffet va passer la main.

Jusqu'à dimanche, se tient à Paris, le 35e congrès du PCF. C'est à cette occasion que la secrétaire nationale, Marie-George Buffet, a fait ses adieux devant les militants mais aussi des leaders de la gauche, de Martine Aubry à Arlette Laguiller. "Ce n'est pas une mise au vert, plus les jours passent, plus mes petits enfants grandissent, plus j'ai envie de militer, plus je me sens profondément communiste et féministe", a-t-elle déclaré pour son dernier discours.

C'est Pierre Laurent qui devrait lui succéder. Un héritage compliqué puisque le Parti communiste vient de subir, le 10 juin dernier, la démission de 200 cadres militants.

"La préservation de l’appareil prime"

Ces départs représentent l’ultime conséquence de trois ans de conflit, avec d’un côté les refondateurs, de l’autre la direction et Marie-George Buffet. Pendant ces trois années, la frange réformiste a été exclue de toutes les décisions importantes concernant le parti.

Le maire de Nanterre Patrick Jarry est l’un des 200 démissionnaires. "Cette fuite des cadres, c’est la conséquence d’un appareil qui refuse de voir la réalité politique", regrette l’élu. "Les dirigeants actuels sont extrêmement frileux. Quand le Parti communiste fait 2,5 % des voix à l’élection présidentielle, si ce n’est pas à ce moment-là qu’on a de l’audace, je ne sais pas quand on en a. Mais c’est la préservation de l’appareil qui, au final, dans les décisions du PCF, prime."

"Pas le sursaut nécessaire"

Roger Martelli, figure historique du parti, a lui aussi rendu sa carte après 40 ans de militantisme. "Aucun refondateur en position éligible lors des élections régionales", fulmine-t-il. Cela aura été la frustration de trop. Mais pour lui, Marie-George Buffet ou son successeur Pierre Laurent peu importe, le parti ne changera jamais. "Notre départ fait choc. Je ne pense pas malheureusement que cela produire le sursaut nécessaire pour que le communisme politique puisse encore jouer son rôle dans la vie politique française. "

La révolte des 200 pourrait causer du tort au PC. Certains des partants veulent un rapprochement avec d’autres mouvements de gauche, et même écologistes, et convaincre d’autres militants communistes de rejoindre leur diaspora.