Paul : "Le PS a besoin d’être respecté par le gouvernement"

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Pour le leader des frondeurs, Manuel Valls va devoir entendre les inquiétudes des militants socialistes.

INTERVIEW

Le gouvernement se déplace en masse à Poitiers pour tout le week-end,  à l’occasion du 77ème congrès du PS. Pour le moment, l’ambiance est très calme mais un temps fort est attendu samedi avec le discours de Manuel Valls à la mi-journée. Pour Christian Paul, leader des frondeurs du PS interrogé le matin par Europe 1, "la salle sera évidemment pleine. Il faut que ce congrès réveille un parti aux abonnés absents depuis trois ans".

"Je ne suis pas déprimé". Pour le député de la Nièvre, Manuel Valls "sera là en tant que militant socialiste, mais aussi pour rendre compte de son action. Et nous lui diront ce que souhaitent les militants socialistes." Interrogé sur la déprime des militants PS, justement, Christian Paul se veut optimiste : "je ne suis pas déprimé car j’ai fait le choix de soigner cette déception qui s’est installée chez des millions de Français. Ils ont le sentiment, à tort ou à raison – mais souvent à raison – que les engagements de 2012 ne sont pas tellement respectés. Le PS serait bien inspiré de faire ce qu’on a fait il y a quelques années avec Martine Aubry : dialoguer avec les organisations syndicales, les associations, les chercheurs etc. cela a manqué, comme si le parti au pouvoir était condamné à s’endormir."

"Je ne viens pas donner des notes à Valls". Une allusion à Martine Aubry loin d’être anodine pour ce proche de la maire de Lille. De là  imaginer qu’il va particulièrement observer Manuel Valls ce samedi, il n’y a qu’un pas : "je ne viens pas donner des notes à Valls. J’attends en revanche que lui aussi soit à l’écoute. Le PS a besoin d’être respecté des Français, mais aussi par le gouvernement."

Et d’ajouter : "le PS n’est pas une caserne. Moi, je ne rentre pas dans le rang. Manuel Valls représente une des deux gauches du PS. Tout au long de son histoire, le PS a souvent réuni en son sein plusieurs options, orientations, c’était vrai à l’époque de Jean-Pierre Chevènement et Michel Rocard. Et Mitterrand ou Jospin ont toujours su faire faire cohabiter ces gauches."

Aubry "doit inspirer le PS".Alors qu’il se murmure que Martine Aubry serait en ce moment agacée - ce qui inquiète l'exécutif -, Christian Paul, proche d’elle, a estimé que "son rôle est d’inspirer le PS. Elle n’est pas la seule à le faire mais elle doit continuer. Et j’espère qu’elle siègera dans quelques semaines au sein du Bureau national. Nous avons beaucoup d’idées en commun".