Pascal Cherki : "Un nouveau 49-3 serait une catastrophe"

Pascal Cherki était l'invité d'Europe Nuit.
Pascal Cherki était l'invité d'Europe Nuit. © EUROPE 1
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T.M. , modifié à
Invité d'Europe Nuit, Pascal Cherki, député PS frondeur de Paris, s'est inquiété de la perspective d'un nouveau 49-3 à l'Assemblée pour faire passer la loi Travail.
INTERVIEW

Le projet de loi El Khomri fait son grand retour en seconde lecture, mardi, à l'Assemblée. Avec la menace d'un nouveau recours au 49-3.

"On ne peut pas se comporter de la sorte". "Ce serait une catastrophe", estime Pascal Cherki. "Pas par rapport à nous, mais par rapport au pays. Dans la vie politique, il y a deux choses importantes : on peut parfois voir ce que l'on fait contesté dans le contenu, ce que l'on voit actuellement. Mais il y a pire : quand votre légitimité à agir est remise en cause. Or, je pense que s'ils refont un 49-3, le président de la République et le Premier ministre briseront tout lien de légitimité qui les relie au peuple français. Cette situation aurait des conséquences politiques dramatiques, d'autant plus qu'en Europe, les forces réactionnaires progressent. Je pense que la France a un rôle essentiel à jouer. On ne peut pas se comporter de la sorte".

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S'ils refont un 49-3, le président de la République et le Premier ministre briseront tout lien de légitimité qui les relie au peuple français.

"Il faut que le gouvernement accepte de faire un compromis". "Pour éviter le 49-3, il faut que le gouvernement accepte de faire un compromis", continue le député. "Nous sommes plus de cent parlementaires à avoir déposé un amendement aujourd'hui sur les heures supplémentaires en touchant l'article 2, le sacro-saint tabou". Près de 500 amendements ont ainsi été déposés par les députés sur ce seul article 2, dont un cosigné par 123 socialistes pour empêcher une baisse de la rémunération des heures supplémentaires. Au total, quelque 1.100 amendements ont été déposés pour l'examen du texte en nouvelle lecture, pouvait-on constater lundi après-midi sur le site de l'Assemblée. Il y en avait près de 5.000 pour la première lecture en mai, lors de laquelle le gouvernement avait déclenché l'article 49-3 après l'examen de l'article 1er.

Vers une nouvelle motion de censure de la gauche ? Lundi, dans un courrier, Manuel Valls a appelé les députés PS opposés à la loi Travail à "reconnaître les avancées qui ont déjà été proposées" et estimé que "le compromis" ne peut vouloir dire "renoncement". "Je reconnais qu'il y a eu des avancées, mais il n'y a pas de compromis pour l'instant", répond Pascal Cherki, qui n'exclut pas la possibilité d'une nouvelle motion de censure de la gauche. "Oui, c’est possible, mais je ne le souhaite pas", conclue-t-il.