Pas trop de flonflons pour M. Hollande

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Pas trop de flonflons pour M. Hollande
Hollande a officiellement été investi, samedi, candidat socialiste pour la présidentielle de 2012@ REUTERS
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Le candidat normal s’était concocté, samedi, une investiture "modeste" à la Halle Freyssinet.

Une salle enjouée, mais pas pleine à craquer. Samedi, à la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris, 4.000 militants ont assisté à la convention d’investiture de François Hollande, désormais officiellement "sacré" candidat du PS à la présidentielle de 2012.

Reste que les sympathisants auraient pu être beaucoup plus nombreux, les goodies - même si on a vu les premiers badges et premiers T-shirts - plus présents, mais l’équipe de François Hollande a voulu faire profil bas et avait commandé au Parti socialiste une convention sobre à 300.000 euros, un budget largement revu à la baisse.

"Il ne s’agit pas du lancement de la campagne"

Pas trop de flonflons donc, car si François Hollande a fait un discours de campagne fort, parlant éducation, économie et pilonnant la droite et son président Sarkozy, "il n’est pas officiellement rentré en campagne", précise très sérieusement Bruno Le Roux, un de ses plus proches lieutenants, interrogé par Europe1.fr. 

Ainsi, l’objectif de cette convention d’investiture "est avant tout de clore une parenthèse, celle de la primaire. L’entrée en campagne se fera plus tard", confie-t-il encore. Entre temps, que fera le candidat du Parti socialiste ? "Il va voyager et entrer dans une phase de préparation de la campagne", assure Bruno Le Roux.

Un discours de référence

Pas d’entrée officielle dans la campagne donc, mais un discours bien rodé pourtant. Pendant une heure et demie, François Hollande a tenu la tribune de la Halle Freyssinet. Il a débuté sur le thème du rassemblement, saluant ses anciens rivaux, tous au premier rang : Ségolène Royal "qui a inspiré tant d'approches nouvelles", Martine Aubry, patronne du PS dont il a salué la "force de conviction, la loyauté", Manuel Valls "nouvelle génération qui a soif d'action", Arnaud Montebourg qui "a installé des thèmes forts qui ont ouvert une époque nouvelle dans la vie politique", le radical Jean-Michel Baylet "qui a été associé au processus".

Puis François Hollande s'est fait plus belliqueux, décochant ses flèches, comme il se doit, vers Nicolas Sarkozy, qui se voulait "être le président d'une République irréprochable", devenu "celui d'une République irresponsable". Le chef d’Etat d’une frange favorisée, "qui gagne plus sans travailler plus".

Pour l’écouter, tous les éléphants du PS avaient fait le déplacement, même ceux qui se détestent. Ainsi, alors que les pro-Hollande hochaient la tête d’approbation, certains pro-aubrystes, comme le député Jean-François Cambadélis, faisaient grise mine, les traits tirés. Un beau premier rassemblement de campagne donc, à vous faire oublier que la campagne n'a pas encore "officiellement" commencé.