Pas d'accord au bureau national du PS sur la déchéance de nationalité

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Pas d'accord au bureau national du PS sur la déchéance de nationalité
Les socialistes n'arrivent pas à adopter de position commune sur la déchéance de nationalité.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Les divisions persistent chez les socialistes sur la déchéance de nationalité. Avec un risque : voir la réforme constitutionnelle du président votée grâce à la droite.

Les socialistes n'en finissent plus de se déchirer sur la déchéance de nationalité. Lundi soir, le bureau national du Parti socialiste s'est allongé de plusieurs heures. Il a une nouvelle fois souligné les divisions du PS, malgré la proposition d'étendre cette déchéance à l'ensemble des Français.

La fracture persiste. François Hollande est loin d'avoir le soutien de son camp pour sa réforme constitutionnelle. Il y a une équation, pour l'instant insoluble : comment trouver une position commune et ne pas désavouer la parole présidentielle ? Lundi, l’ambiance n'était pas aux disputes, mais plutôt au débat, comme le répètent les participants.

De nombreux parlementaires socialistes ne sont toujours pas d’accord avec cette déchéance, ni limitée aux binationaux, ni même étendue à l'ensemble des Français. L'ancien ministre de l'Education Benoît Hamon veut encore moins du symbole prôné par les tenants de cette mesure. "Là, il s’agit de dire quelle conception on a de la nation", explique-t-il. "On voit bien qu’il n’y a aucun impact sur la protection de la nation, puisque ça ne touche ni les gens qui sont fichés S, ni les gens qui sont en Syrie et qui en reviennent. Donc on ne neutralise, on n’empêche de nuire personne."

Encore deux semaines de discussions. Les débats vont continuer encore au moins deux semaines chez les socialistes, avant que le PS n'adopte une position tranchée. Avec de nombreuses inconnues. Le compromis peut-il exister ? Peut-on éviter que la réforme du chef de l’Etat ne soit votée par une majorité de droite ? "Il reste encore beaucoup de travail, pour ramener le reste de la troupe à bon port", lâche un élu socialiste favorable à la déchéance.