Le Conseil constitutionnel a souligné vendredi qu'un parrainage de candidat à la présidentielle décidé après tirage au sort,  comme a prévu de le faire un maire breton, ne serait pas valide. Dans un communiqué, le haut conseil présidé par Jean-Louis Debré rappelle qu'en 2007 déjà, il avait "veillé à ce que soient respectés tant la lettre que l'esprit des règles de présentation" d'un candidat à l'Elysée, le parrainage étant "un acte personnel et volontaire, qui ne peut donner lieu ni à marchandage ni à rémunération".

Il avait alors jugé que "le fait de tirer au sort le nom du candidat présenté en rendant ce geste public était incompatible avec la dignité qui sied aux opérations concourant à toute élection. Il avait en conséquence décidé de ne pas tenir pour valides les présentations attribuées par tirage au sort". Pour 2012, il "met donc en garde les élus qui seraient tentés par une telle manifestation sur le risque qu'elle fait courir à la validité de leur présentation".

Comme en 2002 et 2007, le maire de la petite commune de Saint-Servais (Finistère), près de Landivisiau, Laurent Mazurié (SE), a annoncé qu'il s'en remettrait au hasard pour choisir le candidat à la présidentielle auquel il donnera son parrainage. "Lors d'une réunion avec les adjoints, je mettrai dans mon meilleur chapeau les noms des candidats qui n'ont pas encore obtenu un nombre suffisant de parrainages et tirerai au hasard l'un d'eux", a expliqué le maire de la commune de 772 habitants du Nord-Finistère. En 2002, M. Mazurié, qui se flatte d'"honorer la démocratie", avait signé pour Christine Boutin, et en 2007 pour Olivier Besancenot.