Parlement : les groupes écolos en pleine schizophrénie

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Parlement : les groupes écolos en pleine schizophrénie
@ BERTRAND GUAY / AFP
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Les présidents des groupes écologistes à l'Assemblée nationale et au Sénat ont quitté EELV… mais pas leurs postes.

L'hémorragie continue. Barbara Pompili a annoncé mercredi son départ d'Europe Ecologie-Les Verts, en regrettant que les militants de sa région aient choisi de s'allier avec le Front de gauche - et non avec le Parti socialiste - pour les élections régionales. Avec le départ de la députée de la Somme, également co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée nationale, la fuite des cadres du parti franchit un nouveau cap : désormais, tous les présidents des groupes parlementaires écologistes ont claqué la porte.

Démissionnaires du parti, mais pas des groupes parlementaires. François de Rugy, l'autre co-président des députés EELV, a en effet été le premier à franchir le pas fin août. Il a rapidement été suivi par Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat. La crise chez les Verts place les parlementaires EELV dans une situation ubuesque. En effet, s'ils ont quitté le parti, Rugy, Pompili et Placé n'ont pas rendu leurs galons de présidents de groupe. Autrement dit, ils sont étiquetés EELV dans l'enceinte des hémicycles, mais pas en dehors !

Depuis plusieurs semaines, d'intenses tractations sont en cours entre les 18 députés écologistes. "Nous sommes en négociations pour trouver un fonctionnement qui permette à chacun d’avoir une liberté d’expression et d’exercer pleinement son rôle de parlementaire", plaide Barbara Pompili dans Le Monde. "L’idée est de garder deux coprésidents qui représentent chacun une des sensibilités du groupe". La députée, qui compte bien conserver son poste de coprésidente, pense "aboutir dans les jours qui viennent". Mais tout le monde d'accord.. "Elle veut être hors partis, mais rester chef politique. Il faut de la cohérence !", s'agace Danielle Auroi, députée de l'aile gauche d'EELV, dans Le Parisien.

Les avantages d'un groupe politique. On devine facilement les intérêts en jeu derrière ces négociations. L'appartenance à un groupe parlementaire est en effet cruciale pour un député : elle permet d'avoir plus de temps de parole, de siéger aux postes de responsabilité de l'Assemblée ou encore de bénéficier de bureaux et de collaborateurs supplémentaires. Pourquoi alors les démissionnaires d'EELV ne créent-ils pas leur propre groupe politique ? Pas si simple : il faut 15 députés au minimum pour en former un. Or, seuls cinq élus ont quitté le parti jusqu'ici, même si d'autres défections sont à prévoir.

La question se pose aussi au Sénat, où Jean-Vincent Placé a temporisé en repoussant au 5 octobre la désignation de son éventuel successeur à la tête du groupe. Reste que les querelles internes sur les bancs du Parlement n'amélioreront pas la situation d'un EELV en pleine crise existentielle.