Parlement européen : dur dur pour Le Pen de constituer un groupe

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L’INFO POLITIQUE- La patronne du FN négocie en coulisses avec de potentiels alliés europhobes. Pour le moment sans résultat.

L’INFO. Avant même la tenue des européennes, Marine Le Pen ne rêvait que de ça : constituer un groupe au parlement de Strasbourg afin d’avoir les moyens de peser dans l’Hémicycle. Alors depuis l’éclatante victoire du FN aux élections européennes, sa patronne s’active pour trouver des partenaires. Mais selon Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1, Marine Le Pen essuie pour le moment un échec.

"Elle a dévoilé son jeu trop tôt". En interne, la stratégie de la patronne du Front National pour constituer des alliances est contestée. "Elle a voulu communiquer avant de négocier, c’est une erreur, elle a dévoilé son jeu trop tôt. Cela a donné la possibilité à certains de nous cracher au visage et de nous mettre des bâtons dans les roues", confie un nouvel élu frontiste. Dans son viseur, le leader europhobe anglais Nigel Farage qui chasse sur les mêmes terres, mais qui a refusé la main tendue par le FN en vue de constituer ensemble un groupe europhobe. Raison avancée : "l'antisémitisme est dans l'ADN du FN".

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Marine Le Pen a donc du souci à se faire même si, pour l’heure, il est très compliqué de savoir où en est vraiment le FN, les discussions étant tenues secrètes. Pour constituer un groupe, il faut avoir au moins 25 eurodéputés de sept nationalistes différentes. C’est ce dernier point qui pose problème au FN, qui aurait déjà convaincu 38 députés de s’allier à lui, mais de seulement cinq pays différents. La patronne du parti d’extrême droite a des cibles dans son viseur : un député grec du parti indépendant, les Polonais de la nouvelle droite libertarienne, deux Lituaniens d’Ordre et justice ou encore un Bulgare de la plateforme Bulgarie sans censure. Pour éviter les sujets qui fâchent, l’idée serait de tomber d’accord avec eux sur une plateforme commune uniquement sur les sujets qui concernent l’Europe

C’est "en bonne voie". Malgré la difficulté de la tâche, l’heure est à l’optimisme au FN. Le Monsieur Europe de Marine Le Pen, qui est de toutes les discussions, assure ainsi que "la constitution du groupe est en bonne voie". Mais le Front national préfère prendre son temps, assure-t-il, afin de constituer un groupe solide et homogène, qui n’éclatera pas en vol à la première session du Parlement. Ce qui explique l’activisme de Marine Le Pen, qui a passé deux jours à Bruxelles la semaine dernière et qui y est retournée lundi dernier.

Mercredi, elle va encore faire un aller-retour en compagnie de "ses" 24 eurodéputés pour les installer dans leur nouvelle fonction. En France, le FN souffre déjà de son isolement et de son manque d’alliés, sa patronne entend donc bien démontrer que ce n’est pas le cas à l’échelle continentale. Dans le cas contraire, cela accréditerait l’idée que le parti est infréquentable. Et donc que l’opération de dédiabolisation est encore loin d’être terminée.

 

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