Parachutes dorés : Sarkozy rejoue le film

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Parachutes dorés : Sarkozy rejoue le film
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RETOUR SUR - Le président avait déjà annoncé qu'il les interdirait, en 2007 puis en 2008.

Comme un air de déjà vu. Les propositions du candidat  Sarkozy, mercredi soir, sur France 2 visant à interdire les parachutes dorés n'ont rien de nouveau. A moins trois reprises, en 2007, 2008 et 2009, le chef de l'Etat a annoncé une loi visant à interdire leur pratique sans que celle-ci ne voie jamais le jour.

Retour en 2007. Trois jours avant le premier tour de la présidentielle, le 19 avril, Nicolas Sarkozy, en meeting à Marseille, annonce une loi sur les parachutes dorés. "J'en ai assez que certains pensent qu'on doit être récompensé, y compris quand on a échoué (…) "Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des 'golden parachutes', parce c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes", lance, vindicatif, le candidat UMP.







En septembre 2008, au plus fort de la crise, Nicolas Sarkozy remet sa proposition dans l'agenda politique, lors de son discours de Toulon, consacré à la moralisation du capitalisme. La rémunération des dirigeants "doit être indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise. Ils ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté", martèle le chef de l'Etat.



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Un mois plus tard, le Medef publiait un "code de gouvernement d'entreprise" sur les rémunérations des dirigeants. "Il n’est pas acceptable que des dirigeants dont l’entreprise est en situation d’échec ou qui sont eux-mêmes en situation d’échec la quittent avec des indemnités", stipule le texte du Medef. Une recommandation restée lettre morte chez une majorité des entreprises françaises cotées en Bourse. 79 % des dirigeants des grandes sociétés françaises continuaient à bénéficier de parachutes dorés, selon le cabinet international Hewitt Associates.

Le 24 mars 2009, au cours d'un déplacement à Saint-Quentin, dans l'Aisne, Nicolas Sarkozy fustige une nouvelle fois cette pratique, alors que le parachute doré du PDG de Valéo fait scandale. Thierry Morin a obtenu 3,2 millions d'euros d'indemnités de départ. " Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés, il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", lance une nouvelle fois le président.





Discours Nicolas Sarkozy  Saint-Quentin 24-3-2009par Richard-MALLIE



A France 2 mercredi soir, Nicolas Sarkozy est apparu une nouvelle fois déterminé sur le sujet, prônant à nouveau l'interdiction des golden parachutes. "Il y a une infime minorité de patrons qui a beaucoup choqué les Français en faisant vraiment n'importe quoi", a estimé le chef de l'Etat. Une nouvelle promesse de campagne ?