Pacte de responsabilité : l'exécutif fait bloc contre Gattaz

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Pacte de responsabilité : l'exécutif fait bloc contre Gattaz
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FEU SUR GATTAZ - La fronde du président du Medef a fâché au plus haut niveau de l'Etat.

Acte 1 : la fronde de Pierre Gattaz

C'est ce qui s'appelle mettre les pieds dans le plat. Pierre Gattaz, le patron du Medef s'est attiré les foudres de l'exécutif en critiquant le Pacte de responsabilité. Le représentant du patronat français, qui fait partie de la délégation économique qu'a emmenée avec lui le chef de l'Etat  a laissé entendre lundi soir, face aux journalistes, qui ne voulait plus entendre parler des fameuses contreparties pourtant réclamées par le chef de l'Etat. "Quand j'entends parler de contrepartie dans ce pacte, j'entends aussi des gens qui me disent : 'on va vous contraindre, on va vous obliger, on va vous mettre des pénalités, si vous ne le faites pas vous allez être punis...' Il faut arrêter ce discours qui est insupportable. On n'est pas dans une cours d'école, ça suffit", a lancé le président du Medef. "Maintenant, j'attends du gouvernement qu'il me précise en mars prochain la trajectoire de baisse de la fiscalité sur les entreprises".

Acte 2 : Ayrault grince sur "le décalage horaire"

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© REUTERS

Le premier recadrage est venu de Jean-Marc Ayrault. "Je souhaite que M. Gattaz, quand il sera revenu en France, rencontre le plus vite possible les organisations syndicales, comme c’était prévu. Pour engager le dialogue social, sur le pacte, c’est très attendu", a rappelé, face aux journalistes, le Premier ministre, avant de lancer, grinçant : "donc je pense que le décalage horaire, parfois, peut poser des problèmes."

Acte 3 : Sapin appelle Pierre Gattaz à la "responsabilité"

Un peu plus tard dans la soirée, c'est Michel Sapin qui a rappelé Pierre Gattaz à l'ordre. Avec un mot répété à plusieurs reprises : responsabilité. Le ministre du Travail a ainsi appelé le patron du Medef à la "responsabilité", "y compris à l'étranger", après que ce dernier a refusé, depuis Washington, d'entendre parler de contreparties au Pacte de responsabilité. "Cette responsabilité elle doit être assumée par tous et à tous moments. Les mots ont un sens. Les mots ont un poids", a-t-il encore dit, en appelant à nouveau "à la responsabilité de chacun", ce "surtout quand on est responsable d'une grande organisation".

Acte 4 : Hollande enfonce le clou et rappelle les règles

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Depuis les Etats-Unis, François Hollande a aussi eu un mot aigre-doux pour le patron du Medef. Sans nommer Pierre Gattaz, le chef de l'Etat a appelé mardi les entreprises à prendre des "engagements" à un "niveau approprié", répondant ainsi indirectement au président du Medef. Dans un pacte, "chacun doit prendre des engagements", a rappelé François Hollande. "Des engagements, les entreprises doivent également en prendre au niveau approprié pour créer de l'emploi, améliorer la formation professionnelle, localiser des activités, développer les investissements", a insisté le président, depuis la Maison Blanche, où il tenait une conférence de presse commune avec Barack Obama.

"Je souhaite que des discussions s'engagent rapidement entre les organisations professionnelles d'employeurs et les organisations d'employés", a-t-il poursuivi, estimant que "le mot clef est la confiance". "Ca vaut pour les relations internationales, ça vaut également pour l'économie", a fait valoir François Hollande. Message reçu pour Pierre Gattaz ?

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