"On n'aura jamais 25% de logements sociaux, c'est une certitude !"

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"On n'aura jamais 25% de logements sociaux, c'est une certitude !"
@ Capture Google street view
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François Amat est le seul maire socialiste dont la commune fait partie de la liste des 36 mauvais élèves en termes de logements sociaux.

INTERVIEW

Un "racket" du gouvernement, voilà l'analyse de Jacques Myard. Le député-maire Les Républicains de Maisons-Laffitte, dans les Yvelines, invité mardi matin sur Europe 1, n'a pas digéré la publication, par le gouvernement, d'une liste de 36 communes ne respectant pas la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain), qui prévoit que 25% des constructions de logements neufs soient des logements sociaux. Si les communes épinglées sont majoritairement de droite, il existe également une ville socialiste, Solliès-Toucas (5.375 habitants, Var), et une ville communiste Contes (Alpes-Maritimes). Europe 1 a contacté le maire PS, François Amat, pour lui demander ce qu'il pense des décisions de l'exécutif.

Les préfets vont désormais se substituer "aux maires ne respectant pas leurs obligations au regard de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain", a annoncé Manuel Valls. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
A titre personnel, cela ne va pas changer grand-chose car le préfet a déjà un droit de préemption sur ma commune. Il y a un an, je l'ai fait venir ici. Et il a très vite reconnu que, vu la topographie de ma ville, il était extrêmement compliqué de faire davantage de logements sociaux. On n'en aura jamais 25%, ça c'est une certitude ! J'ai en revanche un objectif triennal, de 2014 à 2016, de constructions de 128 logements sociaux. J'ai annoncé la semaine dernière en commission préfectorale que 125 sont déjà dans les tuyaux, on va y arriver. Je fais preuve de bonne volonté, moi.

Pas le gouvernement ?
Disons qu'ils me semblent très éloignés des réalités du terrain. Ils ont une vision bureaucratique et parisianiste des choses. Mais j'accueillerais avec plaisir la ministre du Logement (Sylvia Pinel, ndlr) sur ma commune si elle le souhaite (rires).

Jacques Myard a parlé sur Europe 1 d'un "racket du gouvernement"…
 C'est ridicule ! Il faut faire du logement social, c'est un besoin. En revanche, c'est vrai que c'est contraignant. L'année dernière par exemple, j'ai payé une amende de 98.000 euros pour la carence de logements sociaux. Cette année, c'est passé à 240.000 euros ! J'ai dit au préfet que si le montant de cette amende n'était pas revu à la baisse, alors j'arrêterai de faire des efforts. Car quand je construis 128 logements sociaux, je dois aussi agrandir le groupe scolaire et penser à un nouveau restaurant pour ces enfants, sans oublier la voirie. Au total, c'est un investissement compris entre 3,5 millions et 4 millions d'euros.