Nouvelle séance confuse à l'Assemblée, les Insoumis quittent l'hémicycle

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Nouvelle séance confuse à l'Assemblée, les Insoumis quittent l'hémicycle
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le groupe des Insoumis a quitté l'hémicycle sous l'impulsion de Jean-Luc Mélenchon@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Lors du vote à main levée dans la soirée sur un amendement assez anodin, le président de séance Hugues Renson (REM) a estimé que l'amendement était rejeté, provoquant une vague de contestation y compris au sein de la majorité.

Un nouveau cafouillage est intervenu jeudi soir à l'Assemblée lors des débats sur la moralisation de la vie politique, lorsqu'un décompte à main levée par le président de séance a été vivement contesté, provoquant d'abord le départ des Insoumis, puis une confusion presque générale.

Un amendement plutôt anodin. L'amendement concerné, déposé par le Modem est pourtant assez anodin. Il visait à remédier aux difficultés que rencontrent parfois des candidats pour ouvrir un compte de campagne dans une banque. Il demandait à un médiateur de crédit de trouver une solution de conciliation dans un délai d'un mois.

Un vote à main levé remis en cause. Lors du vote à main levée, vers 23h30, le président de séance Hugues Renson (REM) a estimé que l'amendement était rejeté, provoquant des protestations sur de nombreux bancs dans l'hémicycle, y compris au sein de la majorité. Estimant avoir "une meilleure vision depuis le perchoir", Hugues Renson, conseillé par le secrétaire de séance, a refusé de se déjuger, restant sourd aux demandes de refaire le vote, malgré les vives protestations, certains députés se levant eux-mêmes pour refaire le vote. 

Pas de médiation possible. Le président du groupe PS Olivier Faure tentait en vain une médiation. "Dans un signe d'apaisement", il suggérait que la ministre ou la rapporteure demandent une seconde délibération sur l'amendement, comme le règlement leur en donne la possibilité. Mais la ministre de la Justice Nicole Belloubet, tout comme la rapporteure Yaël Braun-Pivet refusaient de faire cette demande.

"Une guerre de bac à sable". Face au refus de recompter du président, les Insoumis multipliaient alors les intervention et les demandes de scrutin public, y compris sur des amendements purement rédactionnels. "J'ai l'impression qu'on se fout de notre tronche. On peut jouer un petit peu et vous le refusez monsieur le président. Vous n'avez pas la science infuse", lançait ainsi François Ruffin. 

"On n'est pas là pour jouer. Y'a un président et un seul", répondait la vice-présidente de l'Assemblée, Cendra Motin (REM). "Le bal des débutants, c'est drôle quelques minutes. Quand vous connaissez le coût horaire de la séance", leur répondait alors Julien Aubert (LR) en dénonçant "une guerre de bac à sable".

Départ des Insoumis, mais poursuite des débats. Après cette intervention de Julien Aubert, Jean-Luc Mélenchon choisissait avec son groupe de quitter l'hémicycle. "Franchement c'est saoulant. On demandait juste un geste de bonne volonté. Maintenant vous nous dites que c'est trop cher. Allez on s'en va, restez entre vous, bonsoir", lançait-il. Mais aucun autre groupe ne suivait les Insoumis et les débats reprenaient vers minuit, avec encore plus de 200 députés présents.

Nouvel incident autour d'un vote reporté à vendredi soir. Mais vers une heure du matin, nouvel incident de séance, lorsque Hugues Renson annonçait la poursuite des débats sur le projet de loi ordinaire mais avec un vote qui n'aurait lieu qu'à l'issue des débats sur le projet de loi organique, soit vendredi soir. Tollé de nombreux députés LR et PS, présents depuis lundi quasiment non-stop dans l'hémicycle, qui avaient prévu de rentrer vendredi dans leur circonscription et auraient voulu voter avant. Christian Jacob (LR) et Olivier Faure (PS) demandaient alors la convocation d'une conférence des présidents pour faire avancer ce vote.

Face à la confusion menaçant de s'installer, Hugues Renson décidait, après une ultime suspension, de lever la séance vers 1h30. Un gros sujet reste notamment à aborder, la suppression de la réserve parlementaire grâce à laquelle députés et sénateurs peuvent financer des projets d'intérêt local ou associatifs de leur choix.