NKM, ses meilleurs ennemis

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NKM, ses meilleurs ennemis
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ZOOM - Ils sont de droite, mais croisent les doigts pour que la candidate de l’UMP se rate à Paris. Pour différentes raisons.

Rien ne va plus pour Nathalie Kosciusko-Morizet. Outre les sondages qui continuent de la donner perdante, la candidate de l’UMP à la mairie de Paris doit également essuyer de vives critiques venues de son propre camp. Et quand elle décide de contre-attaquer, dans un entretien au Parisien de samedi dernier, elle ne fait que rajouter de l’huile sur le feu.

>> Europe1.fr fait le point sur ceux qui aimeraient bien voir l’ancienne ministre trébucher.

Charles Beigbeder, 930

Charles Beigbeder. Ses attaques sont les plus frontales. Depuis des semaines, l’homme d’affaires, frère de l’écrivain, mettait la pression sur l’équipe NKM pour être numéro 2 sur la liste de droite dans le 8e arrondissement. Alors quand il a appris qu’il n’obtenait pas ce qu’il voulait, Charles Beigbeder a vu rouge et mis ses menaces à exécution : il va constituer une liste dissidente. "Puisqu'on a une liste de Nathalie (Kosciusko-Morizet, Ndlr) qui se déporte un peu vers le centre avec son alliance avec le MoDem, on va occuper l'espace entre le FN qui en effet grignote des parts de marché - c'est très dangereux - et Nathalie Kosciusko-Morizet", s’est-il justifié.

Réponse de NKM : "le problème avec Charles Beigbeder", juge-t-elle, "c'est qu'il m'aime trop ou pas assez. Il a fait devant moi, et pendant des semaines, une danse du ventre endiablée pour être sur mes listes. Quand cela s'est avéré impossible, il m'a agonie d'injures.

jean francois copé

Jean-François Copé. Le président de l’UMP ne dit rien, mais n’en pense pas moins. Habile politique, Jean-François Copé ne veut pas voir NKM continuer sa progression politique et la laisser ainsi s’installer dans un fauteuil de potentiel présidentiable. Pas question donc de lui laisser la mairie de Paris, l’ancien tremplin de Jacques Chirac vers l’Elysée. Alors il prend les devants. Une seule fois, le président s’est chargé lui-même d’attaquer l'ambitieuse - sans citer son nom. C’était sur le contrat de collecte de l’écotaxe, jugé "aberrant" et passé en son temps par… NKM, bien sûr.

Depuis, le patron de l’UMP laisse le soin à ses flingueurs de faire le sale boulot. "Lui directement ne l'aide pas, et quand ses proches la dézinguent, il laisse faire", décrypte un copéiste. Avant de s'entendre dire par Charles Beigbeder, proche de Copé, qu'elle était "très méprisante" et qu'elle "n'entendait personne", NKM avait reçu une autre attaque de Géraldine Poirault-Gauvin, elle aussi  proche du président de l'UMP : NKM "est suffisamment grande pour perdre toute seule".

jean louis borloo

© REUTERS

Jean-Louis Borloo. Il est fou de rage ! Après l'annonce, samedi, d'une liste dissidente par Charles Beigbeder, NKM a voulu riposter - et détourner l’attention des médias  -  en dévoilant, quelques instants plus tard,  la liste des candidats UMP-UDI. Problème : Jean-Louis Borloo, chef de file de l’UDI, estime que la candidate UMP a oublié certains points de leur accord : quatre candidats de l'UDI n'apparaissent pas sur cette première liste. "Je m’emmerde pendant douze heures pour boucler cet accord et maintenant elle le déchire", pestait-il samedi, selon le JDD. "Cela ne va pas aller loin, son histoire!", prophétisait ensuite l’ancien ministre de l’Ecologie.

"Nous n'osons imaginer qu'il s'agit d'une erreur et qu'un accord aussi clair et précis soit remis en cause de manière unilatérale. Cela poserait un problème politique et de confiance", mettait encore en garde Jean-Louis Borloo dans Le Parisien. Si, dans le camp de NKM, on tente de minorer l’épisode, la colère gronde au centre. Jacky Majda, membre du bureau de l'UDI à Paris et jusque-là soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, a d'ores et déjà annoncé qu’il serait candidat dans le 3e arrondissement, suite à la "trahison" de la députée UMP. D’autres pourraient suivre.

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Le clan Tiberi. Le 5e, c’est LEUR arrondissement, et on n'y touche pas. Ainsi pensent les Tiberi. Jean, le père, maire entre 1983 et 1995, puis depuis 2001, étant déclaré inéligible pour avoir mis en place depuis 1989 un système de faux électeurs dans son arrondissement, c’est Dominique, le fils, qui reprend le flambeau. Pas vraiment du gout de NKM, qui a donc décidé de priver le fils de son investiture. C’est donc en dissident qu’il va se lancer dans la bataille. "L'idée de sacrifier le 5e est pour moi irresponsable. Quand on veut faire de la politique, il faut savoir rassembler son propre camp", a-t-il affirmé pour justifier sa décision.

"On lui proposait une stratégie de rassemblement et de renouvellement, visiblement il choisit une stratégie personnelle", a regretté au nom de NKM Vincent Roger. "On espère que la réflexion dans les jours à venir lui permette de revenir sur sa décision", a ajouté le porte-parole

dati et NKM

© Reuters

Rachida Dati. Les copines d’hier sont devenues les meilleures ennemies d’aujourd’hui. Depuis des mois, les deux anciennes ministres s’écharpent par presse interposée. Jeudi dernier, Rachida Dati tentait d’expliquer, sur France Info, pourquoi la campagne de NKM peinait à démarrer. "C'est une candidate qui n'est pas Parisienne, c'est plus compliqué", a notamment taclé la maire UMP du 7e arrondissement de la capitale, qui a également évoqué le choix délicat des têtes de liste. "Il faut qu'elle voit beaucoup plus les élus, qu'elle voit aussi les militants qui ont parfois le sentiment de ne pas être entendus", a encore préconisé Rachida Dati.

Réponse de NKM dans Le Parisien : "Je connais bien Rachida. La démesure fait partie de son charme. Maintenant, je crois aussi qu’elle devrait se consacrer à son arrondissement, dans lequel elle mène une bataille difficile". "Je ne veux pas ajouter de la division à la division. Mais c’est trop facile de m’insulter. Nathalie devrait faire attention", a rétorqué Dati dans le JDD. Une menace à peine voilée.

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Cette amie dont elle se serait bien passée… Cela partait d’une bonne intention. Le 17 décembre dernier, Bernadette Chirac accompagne Nathalie Kosciusko-Morizet dans les rues de Paris pour lui témoigner de son soutien. Sauf que l’ancienne Première dame s’est fendue d’un témoignage de sympathie à destination de… Xavière Tiberi, la mère de Dominique, candidat dissident dans le 5e arrondissement. "Tout ce que j'ai appris de la politique de terrain, c'est Xavière Tiberi qui me l'a appris. C'était une militante exceptionnelle".

Un des proches de NKM a reconnu, quelque peu embarrassé, que ces déclarations n’étaient peut-être pas très "opportunes", tout en ajoutant que "c’était le risque". Histoire de tempérer ce qui ressemble à un couac de campagne, la Dame des pièces jaunes a ajouté aussitôt que "Nathalie est une fille très sérieuse. (…) Il y a énormément de similitudes entre (sa) campagne et celles de mon mari: c'est une campagne au galop". Trop tard, le mal était fait.

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