NKM/Le Pen, le vrai du faux

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NKM/Le Pen, le vrai du faux
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Europe1.fr et leJDD.fr ont passé au crible leurs propos dans la nouvelle émission Expliquez-vous.

A quelques mois de l’élection présidentielle, Europe 1 et i-Télé vous proposent un nouveau rendez-vous, Expliquez-vous, qui oppose deux politiques chaque mercredi à 19h. A cette occasion, les rédactions d’Europe1.fr et du Jdd.fr s’associent pour passer leurs déclarations au "détecteur de mensonges". Notre objectif : distinguer le vrai du faux dans leurs propos, les chiffres qu'ils citent notamment.

La présidente du Front national Marine Le Pen et la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet étaient mercredi les premières invitées de ce nouveau rendez-vous politique animé par Arlette Chabot et Michaël Darmon. Passage en revue des chiffres avancés par l’une et l’autre.

Plan d’aide européen. “Le plan d’aide a coûté 60 milliards d’euros à la France”. C’est ce qu’affirme Marine Le Pen à la ministre de l’Ecologie. C’est faux, d’après les chiffres donnés par Eric Besson lors de la séance de questions au gouvernement du 9 juin, au Sénat. La somme de l’aide apportée par la France au plan de sauvetage au nom de la solidarité européenne est de 32,4 milliards d’euros, si l’on prend en compte l’aide à Grèce, mais aussi au Portugal et à l’Irlande. Depuis, les députés ont voté une aide supplémentaire de 15 milliards. Le total est donc de 47,4 milliards d’euros, et non 60.
 
Logement social. Selon la fille de Jean-Marie Le Pen, “il y a aujourd’hui en France 700.000 demandeurs de logement sociaux”. Faux. Selon la fondation Abbé Pierre, reprenant les données du ministère du Logement, le véritable chiffre est beaucoup plus important. En 2010, il y a très précisément 1.230.136 ménages en attente d’un logement social, et probablement encore plus de demandeurs si ces ménages ne vivent plus ensemble.
 
Croissance. Marine Le Pen : “La croissance française était de 0% au second trimestre”. La fille de Jean-Marie Le Pen ne se trompe pas. Au deuxième trimestre 2011, la croissance française s’est maintenu à 0% selon l’Insee.

Croissance et zone euro. “Entre 2001 et 2010, la croissance dans la zone euro a été inférieure à celle des pays qui n’y sont pas“, a affirmé Marine Le Pen. Problème, il s’agit d’une comparaison périlleuse, puisque la zone euro est passée de 12 à 16 membres durant cette période, rendant difficile toute comparaison. Néanmoins, au cours des années 2000, la croissance a en effet été supérieure dans les pays de l’UE dotés d’une monnaie nationale… mais la crise financière a changé la donne : la zone euro a alors été mieux protégée. 

Pouvoir d’achat. "Sur le pouvoir d'achat, la France résiste mieux que ses pays voisins", dixit NKM. Indice élaboré par Eurostat pour "calculer le pouvoir d'achat", le PIB par habitant en SPA (standards de pouvoir d'achat) n’indique pas tout à fait la même chose. Entre 2007 et 2010, la France a perdu 1 point, l’Espagne et l’Italie 4, tandis que l'Allemagne en a gagné 2, tout comme la Belgique. Le Luxembourg a, lui, progressé de 8 points.

Emplois industriels. La ministre de l’Ecologie l’a fièrement affirmé : “Pour la première fois depuis des années, la France a créé de nouveaux emplois industriels.” Elle ne s’est pas trompée. Les derniers chiffres de l'emploi industriel, publiés mi-août par l'Insee confirment ses propos : au premier trimestre 2011, l'industrie est redevenue créatrice d'emplois. Le mouvement reste très modeste cependant : 1.300 postes ont été créés au premier trimestre 2011.
 
La présidente du Front National lui a immédiatement répliqué que “500.000 emplois industriels ont été détruits depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir.” Un partout, la balle au centre : Marine Le Pen a aussi (presque) raison. Selon la Direction générale de la compétitivité et des services, organisme dépendant du ministère de l’Economie, 500.000 emplois industriels ont été supprimés en France depuis 2000. L’information avancée par la présidente du Front National n’est donc ni totalement fausse, ni totalement exacte. 500.000 emplois ont bien été supprimés, mais pas depuis 2007, depuis 2000.
 
Taux de chômage. Carton rempli de courbes en main, NKM a tenu à démontrer que l’emploi résistait mieux en France que chez ses voisins. Ce qui n’est pas tout à fait vrai. Selon les dernières statistiques de l’OCDE, le taux de chômage a décru dans la zone euro de 0,5% de mai 2010 à mai 2011. En France, la baisse s’est établie à 0,3%, contre 1,2% pour l’Allemagne, notamment.

Déficit sous présidence Sarkozy. Les deux tiers de la dette sont directement imputables à Nicolas Sarkozy, a accusé la présidente du Front National. Dans un "rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques" publié en juin 2010 et comptant sur l'exercice 2009, la Cour des comptes expliquait ceci : "Le déficit structurel explique les deux tiers du déficit de 2009 (5,0 points sur 7,5) et seulement un tiers de ce déficit est récupérable au cours des prochaines années (le déficit conjoncturel et le coût du plan de relance)". En clair : le solde budgétaire négatif cette année-là, n'est dû, que pour un tiers, aux effets de la crise économique.