NKM : "La ligne politique de Sarkozy, je m'y retrouve de moins en moins"

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Invitée jeudi d'Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite, a rappelé que son opposition au "ni-ni" lui avait valu en 2015 d'être exclue de la direction des Républicains.

INTERVIEW

Après avoir défendu le "ni FN, ni PS", aux élections cantonales et régionales, Nicolas Sarkozy a opéré un revirement dans l’hypothèse d’un duel François Hollande-Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, invoquant l’enjeu que représente pour le pays un tel scrutin afin de justifier sa position. L’ancien président de la République a indiqué sur BFM TV qu’il voterait pour Français Hollande, un choix qui ne se ferait pas "de gaieté de cœur", a-t-il aussitôt précisé. Ce glissement a suscité de nombreuses railleries au sein de sa famille politique. "Il est en train de chercher une issue à l’impasse de la logique droitière dans laquelle il s’est engagé", a estimé Jean-Pierre Raffarin, selon des propos rapportés par Le Parisien. Bruno Le Maire, partisan du "ni-ni", a pour sa part évoqué au micro d’Europe 1 le "défaitisme" de son adversaire.

Faire barrage à l’extrême droite. En décembre 2015, Nathalie Kosciusko-Morizet avait été évincée de la direction des Républicains pour avoir vivement critiqué la ligne "ni-ni" alors défendue par l’ex-chef de l’Etat. "Nicolas Sarkozy m’avait exclue de la direction du parti pour avoir défendu une ligne que j’ai toujours défendue, qui est l’opposition au "ni-ni", c’est à dire à ce mouvement qui refuse de faire barrage à l’extrême droite et qui met dos à dos un adversaire et un ennemi", a souligné la candidate de la primaire à droite, invitée jeudi de l’émission d’Anne Roumanoff, Ça pique mais c’est bon sur Europe 1.

"La chose curieuse, c’est qu’il y a deux jours il a dit [Nicolas Sarkozy, NDLR] qu’il ne renverrait pas dos à dos François Hollande et Marine Le Pen s’il y avait le choix entre les deux. Autrement dit, il est revenu sur cette position", note-elle.

Entendu sur Europe 1
En 2007, Nicolas Sarkozy parlait de faire l’ouverture jusqu’à la gauche

Une ligne politique brouillée ? Soutien de Nicolas Sarkozy en 2007, puis porte-parole de la campagne électorale de l’ancien président en 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet estime que les dernières prises de positions de Nicolas Sarkozy brouille la clarté de son discours. "Nicolas Sarkozy, c’est quelqu’un qui a une énergie formidable, qui a toute sorte de qualités mais c’est vrai que sur la ligne politique, ces derniers temps, je m’y retrouve de moins en moins, en particulier sur ce sujet. C’est pour ça que je ne suis pas peu surprise de le voir rechanger", a-t-elle déclaré.

Rassembler 2 Français sur 3. "Je dis re-changer parce qu’en 2007, Nicolas Sarkozy - qui voudrait tenir le centre à distance et dit les pires choses sur Bayrou - parlait de faire l’ouverture jusqu’à la gauche", précise l'ancienne ministre de l'Environnement. "C’était la vision politique d’un rassemblement, c’est la vision que j’ai gardée. Je pense que pour transformer la France, faire de grandes choses, il faut rassembler, il faut chercher à avoir avec soit 2 Français sur trois, comme disait Giscard, plutôt que 50% plus un."

"La primaire est à vous !". En conséquence, la députée de l’Essonne voit d’un mauvais œil les critiques réitérés des sarkozystes à l’égard des centristes et de leur investissement dans la campagne. "La question ça n’est pas, qu’est-ce que vous avez voté aux trois dernières élections, c’est ce que vous allez voter là. Si vous êtes déçu de François Hollande et que vous ne voulez pas de Marine Le Pen, la primaire est pour vous, la primaire est à vous !", martèle la candidate qui souhaite un scrutin le plus large possible.