NKM : "Il n'y a pas de politique nationale claire" en matière d'immigration

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Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate de la primaire à droite, a détaillé, lundi sur Europe 1, ses propositions sur la politique migratoire. Elle souhaite notamment se montrer plus ferme avec les déboutés du droit d'asile.

INTERVIEW

Accueillir les réfugiés, Nathalie Kosciusko-Morizet ne transigera pas là-dessus. "Le respect du droit d'asile fait partie de l'identité française. Et le droit d'asile est inconditionnel", a expliqué la candidate à la primaire de la droite, lundi, lors du deuxième "Lundi de la primaire" sur Europe 1. "Quand quelqu'un fuit une situation de risque dans son pays, il doit être accueilli."

"Politique migratoire commune". Mais pour la députée de l'Essonne, le corollaire de cet accueil doit être la fermeté avec les déboutés. "Les gens savent que quand on est accepté au titre du droit d'asile, on a le droit de rester. Mais 80% des demandes sont rejetées, et ces gens-là ne sont pas [expulsés]", a-t-elle affirmé. "Seulement 5% [des déboutés] sont raccompagnés à la frontière." Selon elle, pour améliorer et clarifier la situation, il est nécessaire de réfléchir à "une politique migratoire commune" au niveau européen, sur le modèle de la Politique agricole commune (PAC). "Il n'y a ni politique européenne de l'immigration, ni politique nationale claire. Il y a eu une époque où l'Europe était ambitieuse, où on savait créer des politiques communes."

Fact-checking. Cependant, Nathalie Kosciusko-Morizet semble avoir oublié d'actualiser ses fiches. Certes, le taux de refus était bien d'environ 80%, voire plus, au début des années 2010. Mais depuis 2015, avec l'arrivée de réfugiés notamment syriens et soudanais, ce chiffre a baissé. Ainsi, l'année dernière, 24% des demandes d'asile ont été acceptées. Et selon l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le taux de protection atteint 36% sur les huit premiers mois de l’année 2016. En revanche, NKM a raison sur le nombre de déboutés effectivement raccompagnés à la frontière. Selon les sources, cela n'arrive que dans 4 à 10% des cas.