Nier le pacte, "une mauvaise stratégie" pour Aubry

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Nier le pacte, "une mauvaise stratégie" pour Aubry
Pour Hollande, toujours grand favori des sondages, "le pacte" Aubry-DSK était "connu de tous"@ MAXPPP
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En confirmant l'existence d'un "pacte", DSK a donné des armes aux adversaires de son "amie".

"Est-ce que j’ai l’air d’une candidate de substitution ?" Lundi après-midi à Nice, Martine Aubry a, encore une fois, juré ne pas être une candidate par défaut. La maire de Lille était alors invitée à s’exprimer sur les propos de Dominique Strauss-Kahn, qui a reconnu, la veille, l’existence d’un pacte en entre eux dans la présidentielle.

"Le problème se posait de savoir qui serait candidat et qui serait le mieux placé. La décision n'avait pas été prise et le moment venu j'ai pris ma propre décision et je l'ai annoncée", a ainsi insisté Martine Aubry. "Quand on appelle pacteavez-vous travaillé ensemble ?’, c'est oui, quand on dit ‘est-ce que la décision était prise’, c'est non", s’est-elle empressée d’ajouter. "D'ailleurs je n'aime pas tellement ce terme" de pacte, a-t-elle glissé au passage.

La veille sur TF1, 13,4 millions de téléspectateurs - un record pour un journal télévisé français depuis 2005 - ont pourtant entendu Dominique Strauss-Kahn admettre qu’il avait l’intention, avant son arrestation, de se présenter à la présidentielle et qu’il existait bien un pacte entre Martine Aubry et lui.

Aubry pourrait retourner la situation

"Cette déclaration est un vrai cadeau empoisonné", analyse Stéphane Rozès, président de Cap (Conseil analyses et perspectives). "Le problème, c’est que les Français aiment les responsables qui ont vraiment envie" d’y aller, renchérit sur Europe1.fr, Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion de Harris Interactive.

"Désormais, Martine Aubry doit donc faire en sorte que cette histoire de 'pacte' ne soit pas un objet de débat pendant toute la campagne", ajoute-t-il, estimant que la candidate socialiste a eu raison de prendre la parole lundi.

"Mais elle ne s’y prend pas de la bonne manière", ajoute, de son côté, Gaël Sliman directeur adjoint de BVA Opinion.

Interrogé par Europe1.fr, le politologue précise son propos : "au final, ce qu’a dit Dominique Strauss-Kahn, dimanche soir, tout le monde en était convaincu. Le principal handicap de la campagne de Martine Aubry, c’est bien son manque d’envie. Or, elle pourrait retourner cet argument, comme un gant, en sa faveur, en expliquant qu’elle n’a pas, comme d’autres politiques, un égo démesuré, qu’elle ne pense pas à la présidentielle depuis trois ans, et que donc, elle fait un sacrifice en se présentant, parce qu’elle est la seule à pouvoir faire gagner la gauche. Or, cet argument, aujourd'hui, elle ne l’utilise pas et, jusqu'à présent, elle ne réussit pas à convaincre".

Avantage Hollande

"Cette déclaration de DSK est, en tous cas, une bonne nouvelle pour le camp Hollande", poursuit Jean-Daniel Lévy. L’élu de Corrèze "en a fait pour partie sa force en déclarant que cette motivation vient de loin et qu'il était candidat avant même que Dominique Strauss-Kahn ne soit disqualifié", rappelle-t-il.

Les lieutenants de François Hollande n’ont d’ailleurs pas raté l’occasion. "Quand on entre dans une élection comme la primaire, on doit être déterminé par soi-même et par ses convictions", a d’abord lancé Pierre Moscovici, le coordinateur de la campagne du candidat PS, rappelant que François Hollande avait toujours "critiqué le pacte".

De son côté, le député Bruno Le Roux, également soutien de François Hollande, a déclaré, dès dimanche soir, sur son compte Twitter : "Au moins, on sait qui devait et voulait être candidat dans le pacte. La volonté, l'envie, ça ne s'improvise pas après un empêchement".