Nicolas Sarkozy veut appliquer le principe de précaution aux djihadistes

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Nicolas Sarkozy veut appliquer le principe de précaution aux djihadistes
Nicolas Sarkozy plaide pour une adaptation de l'Etat de droit à la menace terroriste.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L'ancien chef de l'Etat, candidat qualifié à la primaire à droite, estime notamment que la riposte juridique en matière de terrorisme "doit changer de dimension".

Nicolas Sarkozy veut appliquer "systématiquement" le principe de précaution à toute personne soupçonnée de liens avec le terrorisme et accuse dans une interview publiée par Le Journal du Dimanche François Hollande de ne pas tout faire pour lutter contre cette menace. L'ancien chef de l'Etat répond notamment au discours prononcé jeudi par ce dernier sur la France face au terrorisme, dans lequel le président de la République a attaqué les conceptions de son adversaire de 2012 et des autres prétendants de droite à l'élection présidentielle de 2017.

Une cour spéciale antiterroriste. "François Hollande ne met pas tout en oeuvre pour lutter contre le terrorisme", accuse Nicolas Sarkozy qui plaide pour une adaptation de l'Etat de droit à la menace. Il réitère ses propositions de cour spéciale antiterroriste, de rétention administrative systématique pour les "individus dangereux soupçonnés de liens avec le terrorisme" et d'expulsion de tout étranger condamné à l'issue de sa peine. "Il y a dans la Constitution un principe de précaution. Pourquoi la lutte contre le terrorisme (...) serait le seul sujet sur lequel on ne l'appliquerait pas ?" poursuit-il.

Surveillance et expulsion. "Tout étranger suspecté d'être en lien avec une activité terroriste devrait être expulsé sans délai. Tout Français suspecté d'être lié au terrorisme, parce qu'il consulte régulièrement un site djihadiste, que son comportement témoigne d'une radicalisation ou parce qu'il est en contact étroit avec des personnes radicalisées, doit faire l'objet d'un placement préventif dans un centre de rétention fermé", ajoute-t-il. Nicolas Sarkozy propose que des services spécialisés analysent la situation des personnes placées en rétention préventive.

"Le porte-parole de la majorité silencieuse". Un individu ainsi placé en rétention administrative pourra être envoyé dans un centre de déradicalisation ou faire l'objet d'une enquête judiciaire en fonction des résultats de cette analyse, explique l'ancien chef de l'Etat. "Il ne sortira que lorsqu'il ne sera plus radicalisé. Sinon, il y restera. Nous ne pouvons laisser en liberté des individus radicalisés qui sont de véritables bombes à retardement", ajoute-t-il. "Notre riposte doit changer de dimension." "Je veux être le porte-parole de la majorité silencieuse qui nous dit : 'ça suffit'", insiste Nicolas Sarkozy, qui est à ce stade avec le maire de Bordeaux, Alain Juppé, l'un des deux premiers favoris des sondages pour la primaire de la droite.

Selon un sondage publié dimanche dans Le JDD, Alain Juppé reste la personnalité politique à laquelle les Français font le plus confiance pour lutter contre le terrorisme (58%), devant l'ex-chef de l'Etat Nicolas Sarkozy (50%).