Nicolas Sarkozy "ulcéré et choqué"

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Nicolas Sarkozy "ulcéré et choqué"
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CONFIDENCES - L’ancien président a mal réagi au rejet de ses comptes de campagne.

L’INFO. Les Sages ont tranché, et l’UMP a vacillé. Jeudi, le Conseil constitutionnel a en effet confirmé le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, privant ainsi son parti d’un remboursement de 11 millions d’euros. En réaction, l’ancien président a décidé de claquer la porte du Conseil constitutionnel… même s’il n’en a pas le droit.

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Nicolas Sarkozy Brice Hortefeux

© Reuters

"Ne plus être momifié par son statut". Les sages n'ont fait que confirmer une décision prise en décembre dernier par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Pourtant, quand son avocat lui apprend la nouvelle, Nicolas Sarkozy est "stupéfait" face à une sanction "radicale et inattendue", selon son entourage. "Il est ulcéré et choqué", explique un de ses amis à Europe 1. C’est pourquoi la riposte est à la mesure de l’affront : il décide de claquer la porte du Conseil constitutionnel car "cela n’a plus de sens d’y retourner", justifie son cabinet. Quitter les Sages, c’est "retrouver sa liberté de parole", peut-on lire dans le communiqué transmis jeudi aux rédactions, mais c’est aussi un moyen "de ne plus être momifié par son statut", décrypte un proche. Une liberté de parole dont il pourra user lors de la prochaine  réunion extraordinaire du bureau politique de l'UMP, qui se tiendra lundi prochain, et à laquelle il assistera.

Sauf que, juridiquement, Nicolas Sarkozy n’a pas le droit de démissionner de son poste, ce que lui a rappelé le Conseil constitutionnel. Le cabinet de l’ancien président a précisé au Figaro qu'il s'abstiendra simplement de siéger et qu'il demandera à ne plus être payé. "Il recevait déjà un demi-traitement depuis qu'il avait repris ses activités d'avocat", ajoute son entourage, soit "environ 5.000 euros". "Cela rappelle que c'est un homme droit, intègre, honnête, un homme courageux", estime Brice Hortefeux, le plus fidèle des sarkozystes, au micro d’Europe 1.

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"Je vous demande de m'aider". Comme il l'avait fait dans les derniers moments de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy en a appelé directement, vendredi, au soutien de ses sympathisants. Objectif : sauver l'UMP aujourd'hui, quand il fallait sauver le président hier.  "Je vous demande de m’aider en vous mobilisant, comme je vais le faire", a-t-il demandé à ses fans. "Toutes les formations politiques ont été remboursées par l’Etat à l’exception de l’UMP. Cette situation inédite sous la Vème République met en péril la formation qui doit préparer l’alternance tellement nécessaire au socialisme", a aussi écrit l’ancien président.

"Les attaques nourrissent son énergie". Nicolas Sarkozy n’a pas prévu de s’exprimer pour le moment, à l'exception de ce message sur les réseaux sociaux. Jeudi soir, ses proches ont dû le freiner pour ne pas le voir se précipiter dans un JT de 20h. L’heure est au positivisme. Cette nouvelle affaire "lui donne une porté d’entrée pour revenir dans le jeu politique plus tôt que prévu", explique-t-on ainsi à l’UMP, d’autant qu’avec la souscription lancé par le parti pour éponger l’ardoise, cela permettra de mesurer autrement que par les sondages le degré d’attachement à l’ancien président.

Ce qui est sûr, c’est que "les attaques nourrissent son énergie", assure son entourage. Car entre les affaires judiciaires et le rejet de ses comptes, Nicolas Sarkozy a le sentiment insupportable de devoir se justifier sur tout. "Cela le victimise, et les gens adorent les victimes", espère un de ses amis.