Nicolas Hulot répond aux auditeurs d'Europe 1 : "Je porte des sujets fondamentaux"

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Nicolas Hulot a reconnu mercredi, face aux auditeurs d'Europe 1, qu'il continuait encore à chercher sa légitimité politique, même s'il ne remet pas en cause l'importance de son combat.

Nicolas Hulot était l'invité mercredi de la matinale d'Europe 1. Le leader écologiste, qui pour l'instant n'envisage pas de candidature aux présidentielles, a accepté de répondre aux questions des auditeurs.

"Vous n'êtes pas candidat, est-ce que vous doutez de votre légitimité ou est-ce que vous vous complaisez dans votre rôle d’agitateur d’idées ?"

"Est ce que je doute ? J'espère que je doute ! Ce n'est pas rien de se déclarer. La seule légitimité que j'ai, c'est que je suis certain de porter des réflexions, des sujets qui sont fondamentaux, et que d'autres ne porteront pas. Est-ce que la société civile a besoin que quelqu’un fasse jaillir, mette en lumière ces sujets fondamentaux ? oui. Je me pose des questions mais si vous ne vous les posez pas avant, après c'est trop tard. Il y a une période de doute nécessaire, mais le doute n'est pas forcément castrateur."

"Pourriez-vous soutenir Alain Juppé s’il souscrivait à vos propositions ?"

"C’est trop tôt pour répondre à ça. En tous cas, dans le panel des candidats aujourd’hui, je n’ai rien vu qui émerge."

Sébastien, 38 ans, producteur de lait : "Quelle est votre position sur la L214 (association qui dénonce la cruauté dans les abattoirs) qui fait un tort considérable à nos métiers, en dénonçant des choses en partie fausse ?"

"Je suis comme chacun, j’ai vu les images qui circulent en boucle. Elles ne peuvent pas nous laisser indifférents. De là à faire des amalgames, il faut être très, très prudent. Mais je crois sans aucun doute que la profession se grandirait à se désolidariser de ces pratiques-là."

"Faut-il maintenir l’Euro-2016 ?"

"Voilà le genre de questions que j’aurais du mal à trancher si j’étais aux responsabilités… D’un côté il faut que la vie continue, de l’autre on peut comprendre que ce soit une tentation pour les terroristes. Il faut laisser la réponse à ceux qui ont les renseignements. C’est une affaire de spécialistes."

"Vous nous parlez des éoliennes et du solaire. Mais vous oubliez que les éoliennes ne sont pas fabriquées en France, et le solaire vient de Chine. Le coût est dramatique."

"Si on avait anticipé sur la transition énergétique, probablement qu’elle profiterait plus à l’économie française. De là à dire que l’ensemble des technologies basées sur l’énergie renouvelable ne profite qu’aux Chinois, c’est faire un raccourci. Si vous prenez ce dont le nucléaire a pu bénéficier pendant des années en termes de subvention, et ce dont les énergies fossiles bénéficient encore en termes d’exonération, croyez-moi, il y aura très rapidement un avantage compétitif […]. À La France aussi de favoriser la création et l’innovation dans les PME qui sont en pointe sur la transition énergétique.

"La loi El-Khomri est-elle une bonne loi ? Les jeunes ont-ils raison de se mobiliser ?"

"Ça parait étrange de dire que pour favoriser l’emploi on va favoriser les licenciements. Je comprends que ça suscite des inquiétudes. De là à dire qu’on va retourner à une forme d’esclavage, il y a peut-être une forme d’exagération. C’est symptomatique de notre inaptitude à la réforme et d’une plus grande promptitude à la révolte dans notre pays. Pourquoi, quel que soit la réforme que l’on propose, c’est toujours dans une situation de crise majeure ? Je pense qu’il faut faire les choses en amont et que les consultations démarrent bien avant d’imposer par le haut un certain nombre de pistes de réflexion."

"J’ai vu que vous vouliez passer votre permis de chasse, est-ce que c’est vrai ?"

"Je découvre ça ! Je connaissais quelques rumeurs mais alors celle-là… mes copains doivent être morts de rire."