Nicolas Dupont-Aignan : "Le programme de François Fillon est fou"

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Invité du "Club de la presse", le président de Debout la France s’est montré particulièrement critique avec le programme de François Fillon.

INTERVIEW

En 2012, il avait récolté 1,79 % des suffrages exprimés à la présidentielle. En 2017, Nicolas Dupont-Aignan pense être capable "d'accéder au second tour". À condition, bien sûr, que François Fillon, large vainqueur de la primaire de la droite, n’empiète pas sur son électorat, lui qui se présente également comme "souverainiste"…

"Juppé, Sarkozy et Fillon ont laissé la France dans un sale état". "Maintenant que les primaires sont finies, est-ce qu’on peut commencer la vraie élection présidentielle ?", se demande le président de Debout la France sur Europe 1.  "J’aimerais que les Français aient droit à un vrai débat, projet contre projet, et je suis prêt. N’oublions pas que Juppé, Sarkozy et Fillon ont gouverné ensemble, n’oublions pas qu’ils ont laissé la France dans un sale état et n’oublions pas que si on veut se débarrasser de la gauche, il faut une autre politique."

Une autre politique, donc, que celle du candidat de la droite et du centre. Car à en croire Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, qui revendique lui aussi sa filiation avec Philippe Séguin, a bien changé depuis que les deux hommes ont combattu, ensemble, le traité de Maastricht il y a près de 25 ans. "La réalité, c’est que François Fillon a complètement abandonné le gaullisme social. Il a signé le traité de Lisbonne qui a violé la volonté des 55% de Français qui avaient voté non. Je suis en désaccord total avec sa soumission à l’Union européenne qui a abouti à la cure d’austérité qu’il veut infliger aux Français".

Entendu sur Europe 1
Je pense que les électeurs de la primaire n'ont pas lu le programme de François Fillon

"Fillon, c'est le candidat de l'austérité". Pour Nicolas Dupont-Aignan, "Fillon, c’est le candidat de l’austérité, du moins-disant social et fiscal permanent, d’un danger pour la France, c’est-à-dire d’une casse de la croissance qui aboutit à des troubles sociaux." "On n’est pas obligé de laisser les coupables de 30 ans de démission politique punir encore une fois les Français", continue-t-il. "J’ai envie de leur dire : ‘pourquoi votez-vous toujours pour ceux qui vous font du mal ?’ Il y a une autre solution, une autre politique. Son programme est fou. Je pense que les électeurs de la primaire ne l’ont pas lu."

Pourquoi, donc, ne pas avoir participé à la primaire de la droite afin de combattre frontalement ces idées qu’il critique ? "Si j’avais été à la primaire, j'aurais été obligé de soutenir un programme auquel je ne crois pas", répond le souverainiste, qui avait quitté l’UMP en 2007. Et d’interroger à son tour : "entre la décadence socialiste et la purge de Fillon, est-ce qu’il n’y a pas un équilibre à trouver ?".