Moscovici : Villepin "juste et dérisoire"

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Le député PS estime que l’ex-Premier ministre tape juste contre Sarkozy, mais oublie d’où il vient.

Contrairement à la majorité, l’attaque de Dominique de Villepin contre Nicolas Sarkozy, dimanche sur Europe 1, est plutôt bien accueillie à gauche. Mais avec des réserves. "Nicolas Sarkozy est l’un des problèmes de la France", avait lâché l’ancien Premier ministre dans le cadre du Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France. "Cette intervention était à la fois juste et dérisoire", a jugé Pierre Moscovici lundi sur Europe 1.

Ecoutez Pierre Moscovici :

"Villepin pas une solution pour la France"

"Elle était juste, parce que Nicolas Sarkozy par son style, par sa manie de cliver, pas sa brutalité, par sa violence, par le fait de ne pas incarner la fonction présidentielle, est un problème pour notre pays", a précisé le député socialiste du Doubs, qui s’appuie sur "tout ce qui s’est passé depuis cet été, les Roms, la façon dont a été gérée la réforme des retraites… C’est effectivement une parenthèse qui doit se fermer en 2012."

Mais Pierre Moscovici n’est pas pour autant prêt à s’allier à Dominique de Villepin. "Dominique de Villepin a été pendant des années secrétaire général de l’Elysée, Premier ministre, ministre, avec des pratiques de cour. Il est un homme de droite, voire un homme très à droite. Sa démarche n’est qu’à demi-courageuse", a lancé l’ancien ministre délégué aux Affaires européennes. "L’alternance ou l’alternative, si elles viennent, viendront de la gauche et pas de Dominique de Villepin. Il peut être un problème pour Sarkozy, mais pas une solution pour la France."

Le texte d’Hamon "très perfectible"

Le député du Doubs est également revenu sur les dissensions au sein du Parti socialiste, notamment autour du rapport de Benoît Hamon sur l’égalité, attaqué par nombre de camarades. "Il est très perfectible", a estimé Pierre Moscovici, tout en tentant de rester consensuel. "C’est un texte qui n’est pas inintéressant. Il y a eu du boulot, des propositions. Mais il y a pour moi deux problèmes : le premier, c’est que le socialisme ne doit pas être un retour à une forme d’étatisme. La deuxième chose, c’est que l’on se doit d’être très crédible et très responsable. Nous devons donc chiffrer tous nos textes. Celui-là comme les autres."

Et de conclure très clairement : "Il faudrait que ce texte soit largement modifié. Il n’est pas terminé. Et si j’étais candidat aux primaires, je ne porterais pas la même chose que Benoît Hamon, c’est sûr. C’est certain."