Moscovici s'affirme en patron

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Moscovici s'affirme en patron
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ZOOM - Le ministre de économie répond aux critiques : il y a bien un pilote dans l’avion.

Défiés par les Français et menacés au sein du gouvernement. La menace est double. Selon un sondage réalisé la semaine par l'Ifop pour le JDD, 70% des Français sont en effet mécontents de Pierre Moscovici. Et, de Laurent Fabius à Ségolène Royal, des voix s’élèvent à gauche pour demander un "vrai patron" à Bercy. Trop, c’est trop, pour le ministre de l'Economie, qui a tenté d’affirmer son autorité dans un entretien aux Echos, vendredi.

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Bercy ? Pas un souci. "J'ai dirigé Bercy dans le passé et c'est vrai que Bercy a besoin d'un patron. Là, vous avez plusieurs patrons". Que Laurent Fabius se rassure, un homme est bien aux manettes. Et pour cet homme, le problème n’est pas Bercy. "Pour le dire franchement, j’ai le sentiment qu’on en a un peu trop parlé dans le microcosme et que les choses ont été présentées de manière un peu biaisée", estime Pierre Moscovici. Et, quand bien même la structure de Bercy serait un problème, "je ne la crois pas déterminante pour les Français."

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Moi, je. On lui reproche sa timidité médiatique, qui tranche singulièrement avec la verve d’Arnaud Montebourg. Alors Pierre Moscovici force sa nature pour garder la main sur le portefeuille du pays. Pas de patron à Bercy ? "Je veillerai donc, dans mon rôle, à ce qu'il y ait à Bercy une unité dans la conduite, sous l'autorité du Premier ministre, de la politique économique définie par le président". C’est dit. Joignant les actes à la parole, le ministre de l’Economie annonce également que "les sept directeurs de cabinet du pôle Bercy vont se rencontrer ce vendredi, et cette réunion est appelée à être régulière pour améliorer notre coordination". "Sur ma proposition" avait-il bien pris soin de préciser juste avant.  

Le remaniement, pas maintenant. Il a beau se défendre, Pierre Moscovici a bien conscience que le mammouth de Bercy – sept ministres y ont leur bureau – pourrait bien subir prochainement une cure d’amaigrissement. Deux lignes politiques s’opposent : la sienne et celle d’Arnaud Montebourg. François Hollande est invité à trancher. "Il me semble qu'à la fois sur le remaniement, sur la structure du ministère et sur l'action que je mène, le président a été très clair", espère le ministre de l’Economie. Avant de conclure, presque comme une requête : "je me sens tout simplement à ma place !"