Montebourg : l'État "savait tout" pour Alstom à Belfort

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Montebourg : l'État "savait tout" pour Alstom à Belfort
SEBASTIEN BOZON / AFP
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L'ancien ministre de l'Économie est persuadé que le gouvernement était au courant de la situation compliquée de l'usine Alstom de Belfort.

Le gouvernement a été "dûment informé" des menaces qui pesaient sur le site belfortin d'Alstom, avant l'annonce de la fermeture programmée de l'usine par la direction, a affirmé l'ex-ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, mercredi. Depuis l'acquisition par l'État de 20% d'Alstom, deux hauts fonctionnaires siègent au conseil d'administration. Des "gens sérieux, que je connais (...) Ils savaient et ont dûment informé leur ministre, et donc le président de la République et le Premier ministre, des menaces qui planaient sur Belfort", a déclaré l'ancien ministre juste avant une rencontre avec des syndicats à Belfort.

"Le gouvernement savait tout". L'annonce par Alstom, le 7 septembre, du transfert de ses activités ferroviaires dans le Bas-Rhin d'ici à 2018 menace 400 emplois directs à Belfort et est devenu en quelques heures un dossier épineux, à huit mois de la présidentielle. Face à l'enjeu, le gouvernement a, à plusieurs reprises, répété qu'il n'était pas au courant de la possible fermeture du site. Ce que refuse de croire Arnaud Montebourg. "Lorsqu'on est actionnaire de la SNCF (...) quand on est actionnaire de référence pour Alstom, quand on est des deux côtés, on sait tout. Et je crois que les multiples courriers qui ont été rendus publics par des élus du territoire de Belfort, les interventions des organisations syndicales démontrent qu'à l'évidence le gouvernement savait tout. Je regrette qu'il n'ait rien fait", a ajouté le candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2017.

Critique de Macron. Dimanche 11 septembre, Arnaud Montebourg avait déjà critiqué l'inaction d'Emmanuel Macron. "Me succédant dans les fonctions de ministre de l'Économie, il avait la charge d'utiliser ces 20%, et ces deux hauts fonctionnaires qui siègent au conseil d'administration d'Alstom, pour dire et faire en sorte que l'équipe de France du ferroviaire, la SNCF, Alstom, la RATP, se serre les coudes". Mais, "on a laissé faire, on ne s'y est pas intéressé, on a reçu des rapports, on ne les a pas lus (...) Je considère qu'il y a là une très grave faute eu égard aux intérêts industriels et patriotiques de notre pays", avait-il ajouté.