Pour Montebourg, la gauche "a besoin" d'un autre candidat de droite que Fillon

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Pour Arnaud Montebourg, la défense de François Fillon est contraire à la ligne politique que ce dernier entend défendre, celle de l'intransigeance et de l'impunité.

INTERVIEW

Il ira jusqu'au bout. François Fillon, désormais menacé par une mise en examen, a choisi de maintenir sa candidature à l'élection présidentielle. Une décision qui crée des remous dans son camp, mais aussi à gauche de l'échiquier politique. Estimant que les polémiques autour du Sarthois entravent le débat d'idées, le socialiste Arnaud Montebourg a demandé jeudi aux Républicains, depuis le micro d'Europe 1, de présenter un autre candidat. "Je suis très inquiet dans cette affaire", martèle-t-il. "Je voudrais un débat politique et publique de grande qualité sur les projets pour le pays […] on n'en parle plus. Il n’y a plus de débat politique dans ce pays".

Un plan B. "Nous avons besoin d’un candidat de droite qui affronte les Français sur des projets et non sur des accusations judiciaires, et pour une raison très simple : c’est que beaucoup d’électeurs de droite, sincèrement écœurés – j’en croise tous les jours –, sont en train de se diriger vers Le Pen", a-t-il déclaré. "Nous sommes en train de donner la victoire, les uns et les autres, à madame Le Pen", estime Arnaud Montebourg, qui demande aux Républicains de prendre leur responsabilité. "C’est pas un parti minuscule qui se réunit dans une cabine téléphonique, c’est un grand parti, ils ont d’autres candidats. Ils peuvent décider de choisir un autre candidat. S’ils n’en sont pas capables, c’est inquiétant", conclut-il.

L’indépendance de la justice. Alors que François Fillon a dénoncé mercredi "un assassinat politique" à son encontre, Arnaud Montebourg a tenu, de son côté, à défendre l'indépendance de la justice. "La justice est indépendante, elle prend ses décisions indépendamment des uns et des autres. Elle le fait d’ailleurs à l’égard de tous les justiciables et dans une grande rigueur", a assuré le socialiste, toujours au micro d'Europe 1.

"La même loi" pour tous. "Monsieur Fillon lui-même est l’un des apôtres de l’impunité zéro. Il veut que les délinquants soient pourchassés immédiatement, condamnés, arrêtés. Il est soupçonné d’en être un. Comment peut-il dire lui-même qu’il échapperait à la loi qu’il veut rigoureuse pour tous ?", s'indigne l'ancien ministre de l'Economie. "Nous sommes dans une République égalitaire, tout le monde doit appliquer la même loi", martèle-t-il.

Une justice "sereine et indépendante". "Monsieur Fillon avait lui même demandé à ce que la justice tranche – je cite son communiqué – 'rapidement'", veut-il rappeler. "Il y a cinq jours, il saluait une procédure sereine avec des juges indépendants. Donc, il faut savoir. Il y a cinq jours c’était serein et indépendant, et maintenant c’est expéditif et [c'est] un assassinat politique ?". "Il y a là l’application des procédures. La justice travaille exactement comme ça dans tous les cas", estime Arnaud Montebourg. "Ça a été le cas dans l’affaire Cahuzac, ça a été le cas dans de nombreuses affaires qui ont concerné des proches du pouvoir actuel, et c’est heureux parce que [la justice] ne reçoit pas d’instructions, elle est indépendante, et il s’agit de magistrats qui sont dans un statut qui les rend intouchable des pressions de la foule ou des manifestations que l'on organise contre eux".

"Je rappelle que monsieur Fillon est quand même allé - c’est un fait qui est maintenant avéré -, à l’Elysée voir monsieur Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée, demander que l’on accélère les procédures contre Nicolas Sarkozy qui est l’un de ses rivaux", veut encore rappelé le candidat malheureux à la primaire organisée par le PS.