"Monsieur le président, j'ai une question"

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"Monsieur le président, j'ai une question"
@ Montage MaxPPP/Reuters
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CONF DE PRESSE - Ils ont fait l’actualité ces derniers mois et ils ont une question pour François Hollande.

Pour la seconde fois de son quinquennat - et comme il l’avait promis pendant sa campagne électorale -, François Hollande va se livrer à l’exercice de la conférence de presse. Europe1.fr a demandé à huit personnalités ce qu’elles auraient demandé au président, si elles avaient été dans la salle jeudi. Découvrez les questions de Josiane Balasko, Wilfred de Bruijn, Michel-Édouard Leclerc, Dominique Sopo, Edouard Martin, Mohamed Moussaoui, Frigide Barjot, et Noël Le Graët.

• Josiane Balasko, comédienne. Elle est engagée dans la cause des mal-logés.

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"Monsieur le président, pourquoi n’existe-il pas une sanction d’inéligibilité pour les membres du gouvernement qui ont fauté ?"

>>> Et pourquoi cette question ? Ce qui est passé avec Jérôme Cahuzac est extrêmement choquant, il a trompé la France, les Français, et il n’a pas été sanctionné. Si un chef d’entreprise fait faillite, il subit une sanction économique lourde et il peut avoir du mal à s’en relever. Jérôme Cahuzac a connu une faillite, mais lui a le droit de se représenter à la députation. Ce n’est pas normal M. le président, c’était  un acte de traîtrise qui doit être sanctionné.

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• Wilfred de Bruijn, militant pour la cause LGBT. Il a été sauvagement agressé dans la rue, à Paris, avec son ami.

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"Monsieur le président, quelles seront  les actions concrètes de votre gouvernement pour faire reculer cette haine de l’autre que nous appelons l’homophobie?"

>>> Et pourquoi cette question ? L’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe est une grande avancée juridique et symbolique. Mais le rejet des homosexuels continue, à l’école, au travail, dans la rue et dans les familles. Les chiffres de SOS Homophobie le montrent, les gays et lesbiennes en France le vivent. Tous les jours.

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• Michel-Édouard Leclerc, patron des magasins du même nom. Il accepte "de payer plus d’impôts", mais sous conditions.

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"Monsieur le président, quand va-t-on vraiment s’attaquer à la réduction des dépenses publiques ?"

>>> Et pourquoi cette question ? Quels sont les arbitrages qui vont être faits, pour par exemple investir dans la santé et se désengager dans d’autres secteurs ? Aujourd’hui, ce qui coûte très cher dans la dette publique, ce sont les dépenses publiques. La première chose qu’a fait le gouvernement, c’est revenir sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Est-ce bien raisonnable ? Si on maintient cela, quel est, concrètement, l’engagement sur la réduction des dépenses de l’Etat ? Moi je veux bien payer plus d’impôts, mais je ne veux pas payer pour plus de dépenses.

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• Dominique Sopo. Ancien président de SOS racisme, il est membre du Parti socialiste.

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"Monsieur le président, pourquoi la lutte contre le racisme a-t-elle disparu des priorités du gouvernement ?"

>>> Et pourquoi cette question ? Il ne se passe rien. Le sujet a complètement disparu de l’agenda politique. Le droit de vote des étrangers ? Oublié. La lutte contre les contrôles de police au faciès ? Rejeté. Ce n’est pas une impression, c’est un constat. M. le président, comme un président de gauche peut-il oublier à ce point la lutte contre le racisme et pour le bien-vivre ensemble, au moment où le FN monte ?

• Edouard Martin, syndicaliste CFDT. Il a représenté les salariés du site ArcelorMittal de Florange.

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"Monsieur le président, le projet Lis * se fera-t-il vraiment à Florange ?"

 >>> Et pourquoi cette question ? Nous n’avons aucune garantie, et nous en réclamons. Nous demandons l’assurance que la recherche trouvera son application à Florange. Mittal parle d’un délai de six ans, mais c’est à vous M. le président de fixer le calendrier, pas à lui. Nous sommes plus que sceptiques sur la volonté de Mittal, donc l’Etat doit reprendre la main, et l’Etat, c’est vous.

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*C’est un programme de recherche sur la fabrication d’acier à faible impact.

• Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman. Il s’inquiète de l'islamophobie en France.

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"Monsieur le président, les actes anti-musulmans ont connu une forte augmentation.  Que pourriez-vous dire aux musulmans de France pour les rassurer ?"

>>> Et pourquoi cette question ? Les chiffres annuels sur les actes de racisme montrent que, depuis 2008, les actes anti-musulmans sont augmentation de plus de 30% par an.  De nombreux rapports (ceux de la Commission Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH),  Amnesty international,   le réseau européen contre le racisme (ENAR),…) alertent les pouvoirs publics sur ce fléau et pointent l’insuffisance des moyens de lutte contre ce type de racisme malgré la bonne volonté affichée.

• Frigide Barjot, comédienne. Elle a mené le mouvement d’opposition au mariage pour tous

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"Monsieur le président, la Loi Taubira lutte-t-elle vraiment contre l’homophobie ?"

>>> Et pourquoi cette question ? Cette loi fait porter des droits à la communauté homosexuelle qu’elle ne réclamait pas. La majorité d’entre elle ne réclamait pas l’ouverture des droits à la procréation. Il aurait fallu faire une loi d’union égalitaire et sortir la question de l’adoption. Car de fait, depuis que la loi est passée, le ressentiment à l’encontre de la communauté homosexuelle monte de plus en plus. Cela aurait dû se faire dans un consensus démocratique, avec des états généraux ou un référendum.

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• Noël Le Graët, président de la Fédération française de football. Il demande de l'argent pour le sport.

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"Monsieur le président, quel est la place du sport dans votre agenda ?"

>>> Et pourquoi cette question ? Je ne veux pas l’embêter avec la fiscalité, et je comprends que la crise oblige chacun à se serrer la ceinture. Mais quand elle sera enfin terminée - et il nous a dit que ce serait le cas dans deux ans -, le budget du ministère des Sports sera-t-il réévalué ? Car outre les sports très médiatisés comme le football ou le handball, il y a de vrais manques dans la formation des cadres sur le terrain.

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