Mobilisation de samedi en France : "un petit coefficient de marée", juge Philippe

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Mobilisation de samedi en France : "un petit coefficient de marée", juge Philippe
Edouard Philippe accuse Jean-Luc Mélenchon d'attiser les tensions. @ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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"Certains attisent la tension sociale en essayant de rejouer dans la rue ce qu'ils ont perdu dans les urnes. C'est un jeu dangereux : la démocratie a parlé", estime le Premier ministre dans le "JDD".

La "marée populaire" promise pour samedi par Jean-Luc Mélenchon avait "un petit coefficient de marée", juge Edouard Philippe, épinglant ceux qui "essayent" de "rejouer dans la rue ce qu'ils ont perdu dans les urnes". S'il considère le climat social "parfois difficile, tendu" un an après son arrivée à Matignon, le Premier ministre ajoute, dans Le Journal du dimanche, que "si vous faites référence à la mobilisation (d'hier), c'était un petit coefficient de marée, comme on dit chez moi".

"La démocratie a parlé". "Certains attisent la tension sociale en essayant de rejouer dans la rue ce qu'ils ont perdu dans les urnes. C'est un jeu dangereux : la démocratie a parlé", lance le chef du gouvernement dans une longue interview à l'hebdomadaire, en faisant notamment allusion à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, l'une des 60 organisations qui appelaient aux manifestations de samedi à Paris et en province. Réaffirmant que "les Français sont angoissés par la perspective d'une relégation collective et individuelle" et qu'"ignorer les frustrations et les colères serait méconnaître le pays", Edouard Philippe souligne la volonté de l'exécutif de "sortir de l'immobilisme et du sentiment d'impuissance".

Réforme de la SNCF. "Nous avançons. Nous mettons en oeuvre le programme du président de la République pour lequel les Français ont voté", martèle-t-il encore. S'agissant de la réforme de la SNCF, qui arrive mardi en première lecture au Sénat après avoir été votée par les députés, le premier ministre assure qu'il "reste parfaitement déterminé". Selon lui, une fois le projet de loi définitivement voté les opposants à la réforme devront-ils cesser la grève ? "Quand la loi aura été votée, elle s'appliquera à tous", répond-il.

"Il faut sortir des hypocrisies". Alors que l'Etat s'est engagé à reprendre une partie de la dette de la SNCF, comment le gouvernement peut-il garantir aux Français qu'ils n'auront plus, à l'avenir, à prendre en charge les pertes de l'entreprise ferroviaire ? "Il faut, en effet, sortir des hypocrisies. Nous allons introduire dans le texte au Sénat un amendement qui limitera la capacité d'endettement de la SNCF, pour qu'elle ne se retrouve jamais confrontée à nouveau à un endettement insoutenable", indique le chef du gouvernement.

"Règles comptables et statistiques". "C'est une règle d'or qui sera strictement posée dans la loi. Elle sera protectrice pour l'entreprise, pour les finances publiques, et donc pour le contribuable", ajoute-t-il. Edouard Philippe affirme qu'"en aucun cas" la France n'a négocié avec Bruxelles pour ne pas devoir comptabiliser cette reprise de dette dans le calcul des déficits autorisés. "Il y a des règles comptables et statistiques qui s'imposent à la France. Nous les connaissons, nous allons les appliquer de façon transparente. Nous identifierons clairement, dans la dette publique de la France, la part que représente la dette de la SNCF. Il n'y aura ni stratagème ni marchandage. Nous avançons dans la clarté", assure-t-il.

"Guillaume Pepy a ma confiance". Interrogé par ailleurs sur le fait de savoir si le patron de la SNCF Guillaume Pepy est "sur la sellette", le chef du gouvernement botte en touche: "un mouvement de cette ampleur a forcément des effets sur l'entreprise et ceux qui la dirigent. Mais je soutiens, par définition, les patrons des entreprises publiques, et Guillaume Pepy a ma confiance".