Mitterrand : de l'euphorie à la rigueur

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Mitterrand : de l'euphorie à la rigueur
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Des réformes de 1981 au tournant de mars 1983, retour sur les premières années Mitterrand.

"En 1981, c'était un moment extraordinaire. Je pouvais tout faire. Après tout..., je ne dis pas que j'en ai eu la tentation, mais enfin j'ai quelquefois caressé, comme ça, l'utopie, je me voyais, agitant le pays…" Cette confidence faite par François Mitterrand au journaliste du Nouvel Obs Jean Daniel résume bien le vent révolutionnaire qui agite la France au soir de l’élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981.

Des réformes emblématiques

"L’Etat de grâce" durera deux années. Dès les premiers mois de sa présidence, François Mitterrand décide d’appliquer des promesses électorales figurant parmi ses 110 propositions pour la France. Surfant sur une côte de popularité à faire pâlir d’envie ses successeurs à l’Elysée, le chef de l’Etat demande à son Premier ministre, Pierre Mauroy, un changement radical en matière de politique économique et sociale.

Les réformes s’enchaînent, tous azimuts. Dans le domaine social, c’est une petite révolution : les salaires et les prestations sociales sont augmentés (le SMIC de 10% dès le mois de juillet 1981, le minimum vieillesse de 20% et les allocations familiales de 25%). Dans le même temps, l'impôt sur les grandes fortunes est institué. Le 26 novembre 1981, Jacques Delors, alors ministre des Finances, demande à François Mitterrand, une pause dans les réformes. Il ne sera pas entendu. La "révolution" sociale se poursuit en 1982. Les salariés obtiennent, entre autres, une cinquième semaine de congés payés, une durée légale du temps de travail ramenée à 39 heures par semaine et la retraite à 60 ans.

"Je suis contre la peine de mort"

Dès le début de son septennat, François Mitterrand fait voter la 53e proposition de son programme, l’abolition de la peine de mort. Une réforme symbolique, à laquelle tient le président malgré l'hostilité des Français (deux tiers sont partisans de la peine capitale). Portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, la loi qui abroge la peine de mort est promulguée le 9 octobre 1981.

Invité de l’émission télévisée Cartes sur table pendant la campagne électorale, François Mitterrand avait pris, pour la première fois, position sur le sujet, le 16 mars 1981.

"Dans le for de ma conscience, je suis contre la peine de mort" :

Le temps des désillusions

Après l’échec des socialistes aux élections municipales, François Mitterrand décide d’opérer un virage à 360 degrés en matière économique. Le déficit budgétaire ne cesse de se creuser, le franc est dévalué trois fois en 1981, 1982 et 1983.

Membre du système monétaire européen, la France est sommée par ses voisins de revoir sa politique économique, sous peine de voir sortir le franc français du SME. Son Premier ministre, Pierre Mauroy, est chargé de mettre en place des mesures drastiques. L'année 1983 signe la fin de "l’Etat de grâce".

"Les confidences d'un président", Le Nouvel observateur, 18 janvier 1996.