Mineurs : encore un rapport pour rien ?

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Mineurs : encore un rapport pour rien ?
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Jean-Marie Bockel a présenté mercredi un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile.

La prévention de la délinquance des jeunes, un vieux serpent de mer... qui ressurgit pour la seconde fois de l'année. Jean-Marie Bockel a rendu mercredi un rapport à Nicolas Sarkozy, commandé par le président de la République après son discours sécuritaire de Grenoble. En février dernier, Jean-Yves Ruetsch, responsable du service "Prévention Citoyenneté" de la ville de Mulhouse, avait déjà remis un rapport sur le même sujet à Jean-Marie Bockel.

Des "effets d'annonce" sans "impact" ?

Le secrétaire d'Etat à la Justice fait une quinzaine de propositions. Il met notamment l'accent sur la responsabilisation des parents et revient sur l'idée controversée d'un repérage des troubles du comportement dès 2-3 ans. Le rapport préconise par ailleurs "une politique de prévention et d'action spécifiquement ciblée sur les bandes de filles".

Pour le spécialiste de la délinquance, directeur de recherches au CNRS, Laurent Mucchielli, il ne s'agit que d'"effets d'annonce de quelqu'un qui n'a aucun poids politique". "Le contenu (du rapport) ne sera pas forcément mauvais mais il n'aura pas d'impact", explique le chercheur à Europe1.fr. "Jean-Marie Bockel n'a aucun espoir de voir ses propositions transposées en projet de loi", ajoute-t-il. Selon lui, "la conception du gouvernement de la prévention est clair : c'est la vidéo-surveillance".

"Tout a déjà été écrit sur le sujet"

Études, rapports, articles et livres sur la prévention de la délinquance des mineurs se multiplient pourtant. Michel Huyette, ancien juge des enfants, a recensé pas moins de onze documents sur le sujet en moins de quinze ans. "Tout, absolument tout, a déjà été écrit sur ce sujet", écrit-il sur son blog, et selon lui, on y retrouve "en substance toujours la même chose".

Et notamment, des réformes de l'ordonnance de 1945, qui établit les fondements du droit pénal applicable aux délinquants mineurs. Plus d'une trentaine de modifications ont été apportées au texte depuis son entrée en vigueur, dont la dernière, qui date de 2007, supprime dans certains cas l'excuse de minorité ou encore prévoit un dispositif de comparution immédiate adapté.

"Tel que c'est parti, il est probable que chaque année un responsable politique sollicite un nouveau rapport sur la façon de prévenir la délinquance des mineurs. Et que ce document aille prendre la poussière à côté des autres", conclut pessimiste Michel Huyette.