Millon dénonce "une affaire politique"

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Millon dénonce "une affaire politique"
@ Reuters
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L’ancien président de Rhône-Alpes a comparu vendredi pour "prise illégale d'intérêt".

Elles étaient cinq, affectées au ménage, au repassage, à la vaisselle, à la préparation des repas, parfois aux courses. Pour avoir fait travailler des femmes de ménages à son domicile personnel alors qu’il était président de la région Rhône-Alpes, Charles Millon a commencé à comparaître vendredi devant le tribunal correctionnel de Lyon. "C'est une affaire politique", a déclaré l'ancien ministre de la Défense, dans une allusion au soutien que les élus du Front national lui avaient apporté pour sa réélection en 1998 à la présidence de Rhône-Alpes. Il avait dû, à la suite de cette polémique, renoncer à son mandat.

Les poursuites ne pouvaient s'exercer que pour une période s'étalant sur mars, avril et mai 1998, la période antérieure étant couverte par la prescription. Les parties civiles ont demandé le remboursement par Charles Millon d'une somme de 10.481,04 euros et l'avocat général une amende de "10.000 euros, pouvant être doublée". "Tout ça... pour ça", a ironisé Philippe Petit, l'un des avocats de l'ancien ministre

Officiellement, les femmes de ménage, payées par la région, avaient été mises à disposition pour des réceptions qui devaient avoir lieu de façon exceptionnelle au domicile de Charles Millon. "Il a profité d’un logement de fonction et d’un personnel de ménage qui était financé par de l’argent public de façon illégale. A la louche, ça a coûté aux collectivités locales 600.000 euros", s’insurge Etienne Tête, l’élu écologiste qui a mis au jour l’affaire.

De "l'acharnement"

En 2005, le tribunal administratif de Lyon avait déjà validé l'obligation faite à Charles Millon de rembourser plus de 326.000 euros payés par la Région Rhône-Alpes pour le logement de fonction et du personnel de maison. D’où la colère de son avocat qui estime que ce dossier est prescrit à "95%" et que le tribunal ne va étudier que "deux mois de femme de ménage".

"On est vraiment sur une queue de comète et une procédure un peu stupéfiante. C’est très clairement un acharnement sur un homme pour finir de ternir son image", assure Me Philippe Petit, l’avocat de Charles Millon, interrogé sur Europe 1.

En 1988, il était le plus jeune président de région :



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A 64 ans, l’ancien ministre de la Défense fait par ailleurs, depuis décembre 2008, l'objet d'une enquête préliminaire du parquet de Paris pour "abus de biens sociaux, faux et recel", en rapport avec d'éventuelles malversations au sein d'une entreprise de biocarburants. De retour dans la vie politique il y a un an et demi, il avait été battu aux sénatoriales.