Migrants sur l'Aquarius : le silence de l'Elysée "vaut complicité avec l'Italie et Malte"

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Alors que les 629 migrants à bord de l'Aquarius ne savent toujours pas dans quel port ils vont pouvoir s'amarrer, le silence de l'Elysée sur cette affaire indigne l'opposition de gauche, notamment Eric Coquerel, le député insoumis de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis.

C'est l'histoire d'un navire devenu le symbole de la crise des migrants. L'Aquarius, le navire affrété par l'ONG française SOS Méditerranée, a secouru au large des côtes libyennes 629 migrants. Mais on ne sait pas encore où il va pouvoir accoster, rejeté par une Italie qui crie victoire et Malte qui a simplement annoncé un ravitaillement du navire. Alors que les conditions de vie sont très difficiles à bord et que la chaleur est "presque insupportable", selon une journaliste à bord du bateau qu'Europe 1 a pu joindre, l'Elysée reste muette. Un véritable silence radio.

Aucune communication. Pas de communiqué, ni de tweet. Le silence qui règne au plus haut niveau de l'état sur l'Aquarius étonne, alors qu'Emmanuel Macron se montre généralement réactif sur les sujets européens. Mais lundi dernier, aucune communication n'a été faite de la part de l'Elysée, du Quai d'Orsay ou du ministère de l'Intérieur. Pendant que le gouvernement allemand appelait depuis Berlin l'Italie et Malte à la "responsabilité humanitaire", Edouard Philippe s'est contenté d'expliquer que l'immigration était un défi pour l'Europe. 



L'indignation de l'opposition. L'opposition de gauche a vu une brèche dans la coque du sommet de l'Etat et s'y est engouffrée : tandis que Boris Vallaud, porte-parole du PS, dénonce un "silence assourdissant", l'Insoumis Eric Coquerel, s'est fendu d'un tacle via Twitter. "Honte à la France dont le silence vaut complicité avec l'Italie et Malte". Il faut dire que les 629 migrants de l'Aquarius ne rentrent pas dans le cadre de l'immigration maîtrisée voulue par l'exécutif et incarnée par Gérard Collomb. Le ministre de l'Intérieur s'était d'ailleurs fait remarquer en évoquant des régions "submergées par les flux de demandeurs d'asile". Des propos en accord avec la majorité des Français à en croire un sondage Ifop : 59% des sondés sont contre la répartition en Europe des migrants qui arrivent en Grèce et en Italie, et à ce que la France en accueille.