Migrants : Hubert Védrine appelle à "un plan d'ensemble"

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INTERVIEW E1 - L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères était l'invité d'Europe 1, lundi.

Invité de Jean-Pierre Elkabbach, lundi sur Europe 1, Hubert Védrine a appelé à mettre en place "un plan d'ensemble" pour faire face à l'afflux de migrants en Europe. "Ce n'est pas un combat entre générosité et égoïsme, ça suppose un plan d'ensemble", a déclaré l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères. "Ça n'est pas que l'Europe, il y a ce phénomène dans le monde entier", a-t-il rappelé, citant l'Afrique du Sud et l'Australie.

"Il faut une très large concertation entre les pays de départ, les pays d'arrivée, les pays de transit", a poursuivi Hubert Védrine. S'agissant des migrants, il faut "empêcher qu'ils se noient", a-t-il souhaité. "Mais il faut également détruire les réseaux, empêcher les bateaux de partir. Il faut peut-être un blocus maritime par rapport aux ports libyens", a-t-il suggéré, en insistant sur la nécessité de coopération entre Etats. "Il n'y a pas les généreux et les égoïstes, les uns contre les autres, sinon ça ne marchera pas", a-t-il martelé.

"Le retour annoncé et redouté de l'Iran". Interrogé sur le voyage de François Hollande au Qatar et en Arabie saoudite, où le président est l'invité des monarchies du Golfe, Hubert Védrine a décrypté l'alliance objective entre la France et ces Etats. "Au Moyen-Orient, les sunnites (...) se regroupent, d'abord parce qu'il y a Daech, mais surtout parce qu'il y a le retour annoncé et redouté de l'Iran", a-t-il expliqué. Or, "la France est le pays occidental le plus exigeant, le plus méfiant par rapport à l'Iran". "Les Saoudiens et les autres trouvent ça formidable. Ils profitent de cette position et ils invitent le président du pays le plus réticent et le plus méfiant par rapport à cet accord", a poursuivi Hubert Védrine.

"Je trouve ça très bien que François Hollande profite de la conjoncture et que cela augmente le commerce extérieur français", a jugé Hubert Védrine, faisant allusion au contrat de vente de 24 avions Rafale au Qatar. "Je compte sur son habileté et son intelligence tactique pour ne pas se laisser entraîner trop loin par ce regroupement, parce que la France a un très grand rôle à jouer, précisément pour amener un jour les Iraniens et les autres à trouver un modus vivendi", a ajouté l'ancien patron du Quai d'Orsay.

>> L'interview d'Hubert Védrine en intégralité :



>> Le député PS Alexis Bachelay, vice-président du groupe d'amitié France-Qatar à l'Assemblée nationale, s'est félicité lundi sur Europe 1 de la vente des Rafale :



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